New York (awp/afp) - Les Bourses ont accueilli favorablement les dernières données macroéconomiques américaines, qui vont dans le sens d'une fin prochaine du cycle de resserrement monétaire, ce qui réjouit les investisseurs.

En Europe, la Bourse de Paris s'est démarquée (+1,13%), grâce au bond plus notable que prévu des ventes trimestrielles de LVMH, qui a permis au CAC 40 de franchir un nouveau record pour la troisième séance consécutive. Les places de Francfort (+0,16%), Londres (+0,24%) et Milan (-0,01%) ont été moins enjouées. A Zurich, le SMI a gagné 0,24%.

A Wall Street, l'indice Dow Jones a gagné 1,14%, le Nasdaq, à forte coloration technologique, a grimpé de 1,99% et l'indice élargi S&P 500, au plus haut depuis février, a avancé de 1,33%.

La publication de l'indice PPI des prix de gros aux Etats-Unis a révélé un recul de 0,5% sur un mois en mars, plus que prévu par les analystes.

Sur douze mois, les prix de gros n'avancent plus que de 2,7% contre 4,9% en février. "Les prix à la production sont clairement sur la pente descendante (...), cela rend optimiste", a commenté Chris Low économiste en chef pour FHN Financial.

Une bonne nouvelle qui s'ajoute à un ralentissement de la hausse des prix à la consommation en mars. Mais l'inflation sous-jacente, qui exclue les prix de l'énergie et de l'alimentation, a accéléré à 5,6% contre 5,5% en février.

L'économie est bien dans un processus "de désinflation, les signaux se multiplient", ce qui laisse penser que le "point haut des taux d'intérêt" est proche selon Sophie Chauvellier, gérante de Dorval AM.

Du côté du marché de l'emploi, les demandes hebdomadaires d'allocations chômage ont grimpé de 11.000 à 239.000 la semaine dernière, signe d'un ralentissement de l'économie.

Dans le procès-verbal de la dernière réunion monétaire de mars de la Réserve fédérale (Fed) américaine, l'équipe d'économistes de l'institution a d'ailleurs estimé que les récentes difficultés bancaires pouvaient mener "à une légère récession aux Etats-Unis".

"Un ralentissement de l'activité a toujours été anticipé" avec le resserrement monétaire de la Fed mais il "risque d'être accru par la crise bancaire et le resserrement des conditions de crédit", commente auprès de l'AFP Sophie Chauvellier.

Sur le marché des changes, le dollar était de plus en plus pénalisé par l'idée que la Fed va arrêter de remonter ses taux. Il s'échangeait jeudi à un plus bas depuis un an face à l'euro. Vers 18H50 GMT, le billet vert tombait à 1,1045 dollar pour un euro (-0,48%) après avoir glissé jusqu'à 1,1065 dollar.

LVMH ou la puissance du luxe ___

La croissance des ventes du géant du luxe LVMH, bien supérieure aux prévisions des analystes, a fait bondir de 5,65% la première capitalisation européenne, à son plus haut historique.

A Paris, Hermès a pris aussi 3,07%, Kering 2,62%, tandis qu'ailleurs en Europe Richemont a progressé de 4,39% et Burberry 2,52%.

Le secteur technologique grimpe ___

L'idée que les taux d'intérêt pourraient bientôt cesser de monter, voire baisser d'ici la fin de l'année, profitait aux valeurs du secteur technologique, qui ont besoin de taux bas pour financer leur croissance.

A New York, Apple a gagné 3,41%, Amazon 4,67%, Meta 1,97% et Uber 2,78%. A Paris, Atos a gagné 4,11% et à Francfort, Infineon est monté de 1,98%.

Du côté des devises et du pétrole ___

Les prix du pétrole se sont repliés du fait des craintes concernant la croissance des Etats-Unis.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin a cédé 1,41% à 86,09 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en mai, a lâché 1,32% à 82,16 dollars.

Le cours de l'or gagnait 1,59% à 2.057,00 dollars l'once vers 18H50 GMT, s'approchant de son plus haut historique atteint en août 2020 à 2.075,47 dollars.

afp/rp