L'éditeur français de jeux vidéo affiche une perte nette de près de 1,5 milliard d'euros pour l'exercice 2025-26. Face à ce trou d'air lié à un calendrier de sorties très allégé, le groupe accélère son plan de restructuration et s'appuie sur le soutien massif de Tencent pour assainir ses finances, avant un rebond espéré en 2027.
Ubisoft panse ses plaies mais sécurise son avenir. À l'occasion de la publication de ses résultats annuels, le géant français du jeu vidéo a dévoilé un visage à deux facettes : d'un côté, un compte de résultat lourdement impacté par sa refonte stratégique ; de l'autre, un bilan financier considérablement renforcé par ses partenaires.
Choc sur les résultats, amortisseur Tencent
Sur l'ensemble de l'exercice 2025-26, le net bookings (les ventes nettes comptabilisées) d'Ubisoft se sont établies à 1,525 milliard d'euros, en recul de 17,4 % sur un an. Le quatrième trimestre a toutefois limité la casse à 415 millions d'euros (au-dessus de l'objectif de 390 millions), porté par la résilience du back-catalogue.
La baisse des lancements s'est payée au prix fort : le résultat opérationnel non-IFRS plonge à -1 044,7 millions d'euros, tandis que la perte nette IFRS part du Groupe atteint le niveau historique de 1,475 milliards d'euros (contre -243,5 millions d'euros l'année précédente). Malgré cette contre-performance, Ubisoft a réussi à réduire drastiquement son endettement net non-IFRS, qui passe de 885 millions à seulement 187 millions d'euros. Cette bouffée d'oxygène découle directement de la finalisation de la transaction stratégique avec Tencent, qui a injecté 1,16 milliard de d'euros de trésorerie dans les caisses du groupe.
Restructuration drastique et recentrage créatif
Pour redresser la barre, le modèle opérationnel fait l'objet d'une cure d'austérité majeure. Le programme d'économies, en avance sur son calendrier, a permis de réduire les coûts fixes de 118 millions d'euros sur l'année (325 millions d'euros cumulés depuis 2022-23), avec pour cible 500 millions d'euros d'économies annuelles d'ici mars 2028. Cette restructuration s'est traduite par une baisse nette des effectifs de 1 200 collaborateurs, ramenant les équipes mondiales à 16 590 personnes.
Sur le plan des contenus, Ubisoft fait le choix de la sélectivité dans un marché devenu plus exigeant : 7 projets ont été purement et simplement arrêtés et 6 autres ont été reportés. L'objectif est de se concentrer sur la qualité, alors que les récents titres (Assassin's Creed Shadows, Anno 117) ont rassuré.
2026-2027 : le creux de la vague avant le rebond
L'exercice qui s'ouvre (2026-27) sera une année de transition et de reconstruction. Faute d'un calendrier de sorties denses - hormis Assassin's Creed Black Flag Resynced attendu le 9 juillet - Ubisoft prévient le marché : le net bookings devrait reculer d'un pourcentage à un chiffre élevé (high single-digit). La marge opérationnelle non-IFRS sera négative dans les mêmes proportions et la consommation de free cash-flow sera quant à elle plafonnée à 500 millions d'euros.
Le véritable rendez-vous pour les investisseurs est fixé au-delà. Fort d'un pipeline densifié pour 2027-28 et 2028-29 (autour des marques reines Assassin's Creed, Far Cry et Ghost Recon) et de l'accélération de ses services Live comme Rainbow Six Siege, Ubisoft promet un retour à un Ebit et un free cash-flow positifs dès l'exercice 2027-28, ainsi qu'une génération de trésorerie robuste l'année suivante. Le groupe valide ainsi sa stratégie du "reculer pour mieux sauter", désormais largement financée.
Ubisoft Entertainment figure parmi les leaders mondiaux du développement et de l'édition de jeux vidéo interactifs destinés aux consoles, aux PC, aux smartphones et aux tablettes. Le CA par activité se répartit comme suit :
- distribution de jeux vidéo (61,8%) ;
- édition et production de jeux vidéo (38,2%).
Le CA par source de revenus se ventile entre ventes de jeux vidéo en ligne (86,1%), de boîtes de jeux vidéo (5,9%), de services (5,5% ; notamment services de livraison digitale ou physique de contenus, services de mises à jour, de correction, d'amélioration et de maintenance) et de licences (2,5%).
La répartition géographique du CA est la suivante : Europe (75%), Amérique du Nord (19,9%) et autres (5,1%).
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Investisseur
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Qualité
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ESG MSCI
ESG MSCI
Le score ESG MSCI évalue la performance environnementale, sociale et de gouvernance d’une entreprise selon la méthodologie de MSCI. Il positionne l’entreprise par rapport à ses pairs sectoriels sur une échelle allant de CCC (très faible) à AAA (excellente). Ce score est utilisé par les investisseurs pour intégrer les critères extra-financiers dans leurs décisions.