Le Covid avait pris Hiscox de court, tant le groupe s'était agressivement développé au long des deux précédentes décennies en omettant - on le réalisa alors - de provisionner correctement son risque. Il eut donc recours à une augmentation de capital fort dilutive au plus mauvais moment.

Simultanément, Hiscox s'était attiré les vives critiques de ses clients professionnels pour avoir initialement refusé de couvrir les frais de fermeture - au motif que ces derniers n'étaient pas imposés aux entreprises de conseil de petite taille, qui forment l'immense majorité du portefeuille professionnel de l'assureur.

Ce dernier fut finalement condamné à indemniser les plaignants, quoique à des termes autrement plus favorables que ce que craignaient les investisseurs. L'affaire aura néanmoins coûté sa place au charismatique Bronek Masojada, le dirigeant sud-africain qui transforma Hiscox d'acteur de troisième rang à celui d’assureur global.

Ces mésaventures mises à part, force est de reconnaître que les primes augmentent de manière ininterrompue - même après les déboires du groupe durant la pandémie - à rythme satisfaisant depuis dix ans, et encore de 11% en 2025. Sur une décennie complète, le volume de primes a ainsi plus que doublé, et le profit d'exploitation presque quadruplé.

Hiscox récolte ici les fruits d'une stratégie de croissance agressive - qui fit un temps douter de sa capacité à réellement tenir ses engagements - et surtout de l'excellente tenue du marché de l'assurance immobilière aux États-Unis. Même le nouveau directeur général Aki Hussain, l'ancien directeur financier du groupe, s'est publiquement inquiété d'une telle tendance.

Celle-ci a en tout cas permis à Hiscox de compenser la perte de parts de marché sur les lignes de spécialités - notamment en assurance professionnelle et cyber-risques - où le groupe londonien fut autrefois un pionnier. Sur l'exercice 2025, il affiche ainsi un profit avant impôts de 733 millions de dollars, soit un record historique.

Le marché, qui valorisait jadis Hiscox avec une très net premium par rapport à ses pairs, avait bien entrevu ces développements, comme en témoigne le cours du titre cette année, qui profite d'un rally similaire au reste du secteur de l’assurance - valorisé sur des niveaux records.

Dans ce contexte, la décision d'Hiscox de lancer un programme de rachat d'actions de 300 millions de dollars plutôt que de distribuer un dividende interroge quelque peu.