Un regard sur la journée à venir sur les marchés européens et mondiaux par Ankur Banerjee

Les messages contrastés en provenance d'Iran et des États-Unis concernant un éventuel cessez-le-feu dans le Golfe incitent les investisseurs à la prudence. L'optimisme mesuré quant à une issue au conflit se heurte à la réalité brutale du maintien de prix de l'énergie élevés.

Cette incertitude a alimenté une séance volatile, les actions oscillant entre gains et pertes durant les heures de négociation en Asie. Les contrats à terme européens indiquent une ouverture en baisse, mais l'orientation dépendra largement de l'évolution rapide de la situation au Moyen-Orient.

Voici l'état des lieux : l'Iran a déclaré examiner une proposition de cessez-le-feu américaine, tout en affirmant n'avoir aucune intention de mener des pourparlers pour mettre fin au conflit. Le président américain Donald Trump a, de son côté, affirmé que l'Iran était désespéré de conclure un accord pour mettre un terme à près de quatre semaines de combats.

Alors que le détroit d'Ormuz, par lequel transite un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial, est de fait fermé, les pays du monde entier sont confrontés à des pénuries de carburant, des chocs d'offre et une envolée des coûts.

Le président sud-coréen Lee Jae Myung a appelé la population jeudi à économiser l'électricité, tandis que le régulateur du marché de l'énergie des Philippines a annoncé la suspension du marché de gros de l'électricité sur ses trois réseaux nationaux.

Si un baril de pétrole au-dessus des 100 dollars fait peser une menace sur l'économie mondiale, certains pays y sont plus exposés et moins armés pour faire face à la hausse des prix.

En conséquence, les investisseurs poursuivent leur stratégie de ce mois-ci : vendre des actions et des obligations. Le seul refuge ? Le dollar.

Les bourses asiatiques ont subi de plein fouet ces dégagements, l'indice MSCI Asie-Pacifique hors Japon s'apprêtant à chuter de 8,7 % sur le mois, sa plus forte baisse mensuelle depuis octobre 2022.

Les investisseurs étrangers ont vendu pour 50.000 millones de dollars d'actions régionales depuis que les États-Unis et Israël ont lancé leurs frappes contre l'Iran le 28 février, Téhéran ayant répliqué par ses propres attaques alors qu'un nouveau front s'ouvrait au Liban.

L'indice paneuropéen STOXX 600 reste sous pression, la dépendance de l'Europe aux importations de pétrole pesant sur les actions depuis le début de la guerre. L'indice large accuse un repli de plus de 7 % en mars, contre une baisse d'un peu plus de 4 % pour le S&P 500.

Principaux développements susceptibles d'influencer les marchés jeudi :

- Allemagne : Moral des consommateurs GfK pour avril

- France : Confiance des ménages pour mars

- Résultats : Delivery Hero et Porsche