Madrid (awp/afp) - La croissance du PIB espagnol a atteint 0,7% au deuxième trimestre, malgré les répercussions économiques de la guerre au Moyen-Orient et l'accélération de l'inflation, selon une estimation provisoire de l'Institut national des statistiques (INE) publiée jeudi.

"C'est une croissance solide, portée par l'investissement", s'est félicité le ministre de l'Économie, Carlos Cuerpo, dans une vidéo envoyée à des médias dont l'AFP, évoquant toutefois "un contexte international complexe".

Le ministre a notamment relevé l'effet des hostilités au Moyen-Orient sur les prix des carburants, ce "qui a fait monter l'inflation en juillet à 3,5%", contre 3,2% encore en juin.

Après une croissance de +0,6% du Produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre, le chiffre du second trimestre confirme la bonne santé de l'économie espagnole, la quatrième de la zone euro.

Inflation au premier plan

Dans ce contexte favorable, le gouvernement a relevé fin juin sa prévision pour cette année, d'une hausse attendue de 2,2% du PIB à 2,6%, après avoir déjà enregistré une croissance soutenue de +2,8% en 2025.

Le FMI, de son côté, prévoit une croissance de 2,1% cette année pour l'Espagne, tandis que la Banque d'Espagne se montre plus optimiste (2,3%), malgré la crainte exprimée en mars d'un "ralentissement significatif" de l'activité en raison des hostilités au Moyen-Orient.

Les hostilités au Moyen-Orient ont fait bondir les prix du pétrole et par répercussion l'inflation en Espagne, dans un pays où le coût de la vie -et notamment du logement- demeure la principale préoccupation de la population.

Pour contrer cette hausse des prix, le gouvernement du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez avait adopté en urgence fin mars un plan d'aides de cinq milliards d'euros, comprenant notamment une baisse de la TVA sur le gaz et les carburants de 21% à 10%.

Ces mesures ont depuis le 1er juin été partiellement levées.

Malgré tout, l'exécutif espère toujours voir la dette publique passer en fin d'année sous les 100% du PIB et le chômage se situe "en dessous de 10%" soit "son niveau le plus bas depuis 2008", a rappelé Carlos Cuerpo.

Enfin, pour soutenir l'économie face au vieillissement de la population active, l'exécutif espagnol a lancé mi-avril un plan de régularisation massif de sans-papiers: près de 1,2 million de demandes ont été déposées, dont deux tiers venant d'étrangers originaires d'Amérique latine, selon des chiffres officiels.

Favorable à une migration "légale, sûre et ordonnée", le gouvernement de gauche de Pedro Sánchez fait figure d'exception sur la question migratoire au sein de l'Union européenne.

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