La hausse du brut au-dessus de 100 dollars agit comme un véritable frein. Elle alimente les anticipations d’inflation, retarde les baisses de taux et pèse sur la confiance des consommateurs. La Fed l’a implicitement reconnu la semaine dernière : malgré un marché du travail qui se dégrade progressivement, elle reste contrainte. Le scénario de détente monétaire est repoussé, avec une seule baisse désormais envisagée en 2026.

Le message des taux est cohérent : les rendements longs ne jouent pas leur rôle de refuge, pénalisés par la remontée des anticipations d’inflation. Dans le même temps, le dollar hésite à s’imposer comme valeur refuge, signe que le marché perçoit le choc pétrolier comme inflationniste plus que récessif à ce stade. Les spreads d’inflation restent contenus, traduisant une conviction dominante : le choc pourrait être temporaire.

Pour autant, le marché actions ne cède pas. Malgré une correction proche de 10% aux États-Unis, les indices tiennent. Les fondamentaux restent solides : la croissance mondiale est toujours en expansion, les bénéfices progressent et les économies sont structurellement moins dépendantes de l’énergie qu’auparavant. Les États-Unis, désormais exportateurs nets, amortissent en partie le choc tandis que l’Europe accuse le coup plus fortement.

La clé reste donc le pétrole. Un maintien durable au-dessus de 100 dollars finirait par peser sur la croissance et pourrait enclencher un véritable marché baissier. À l’inverse, tout signal de désescalade ou de réouverture du détroit d’Ormuz déclencherait probablement un reflux rapide des prix de l’énergie et un rebond des actifs risqués.

À court terme, les marchés semblent avoir atteint une phase de capitulation technique, sans encore déclencher de reprise franche. Le pessimisme est extrême, mais la demande reste insuffisante pour valider un point bas. Comme souvent, ce ne sont ni les discours ni les scénarios qui feront la différence, mais les prix.

Techniquement, l’EURUSD a rallié et buté sur sa cible de reprise à 1.16/1665 et semble vouloir amorcer, idéalement, une dernière salve baissière en direction des 1.1315/12.90. Du côté des devises commodities, l’USDCAD est proche d’un point tournant à 1.3770 tandis que l’aussie vient de casser son support à 0.6965 alors même que le kiwi a buté sur les 0.5885 pour une poursuite de la baisse.