24 mars - Ce qu'il faut retenir aujourd'hui sur les marchés américains et mondiaux

Par Mike Dolan, Éditorialiste Finance et Marchés

Alors que le compte à rebours de 48 heures lancé par le président Trump avant d'éventuelles frappes contre les centrales électriques iraniennes s'est transformé en un délai de cinq jours, à la faveur d'une apparente percée avec Téhéran, les marchés sont tout aussi perplexes que les observateurs quant à l'identité réelle des négociateurs. Les messages en provenance de Washington et de Téhéran divergent radicalement sur la question.

L'annonce de Trump a provoqué de violentes oscillations sur les marchés lundi, entraînant une chute des cours du pétrole, un rebond des actions et une détente des rendements obligataires. Toutefois, cet élan de soulagement semble s'essouffler quelque peu aujourd'hui.

Je reviendrai sur ces points et bien d'autres ci-dessous.

Mais d'abord, découvrez ma dernière chronique sur la manière dont l'apathie des obligations face à la guerre en Iran s'inscrit dans un schéma historique de long terme - et sur ce qui pourrait être nécessaire pour amorcer un retournement.

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DE 48 HEURES À CINQ JOURS

Les prix du pétrole ont plongé de plus de 10% lundi dans la foulée de l'annonce de Trump, le Brent tombant à 97 dollars le baril et le WTI touchant les 86 dollars. Les autres marchés ont rebondi sur cette base, les principaux indices boursiers américains terminant tous en hausse de plus de 1%.

Cependant, l'Iran a affirmé qu'aucune négociation n'avait eu lieu avec les États-Unis et que toute cette affaire n'était que "fake news" destinée à calmer les marchés.

Cela a quelque peu refroidi l'enthousiasme, le pétrole regagnant une partie du terrain perdu mardi, laissant le Brent osciller juste au-dessus des 100 dollars le baril et le brut américain autour de 90 dollars.

Du côté des actions, les places asiatiques ont réussi à s'octroyer un léger gain mardi, mais les bourses européennes se sont montrées fébriles et les contrats à terme sur les indices américains s'inscrivaient en baisse avant l'ouverture.

Le détroit d'Ormuz reste fermé - à l'exception de quelques pétroliers sous pavillon indien - et les tirs de missiles se sont poursuivis durant la nuit. Si aucune solution n'est trouvée, le vendredi s'annonce à nouveau sous haute tension.

Quelle que soit la vérité derrière ces manœuvres politiques, les opérateurs financiers convaincus que Trump recule toujours dès que les marchés tremblent verront dans ce dernier épisode une confirmation de leur thèse.

Plus précisément, la flambée des rendements du Trésor américain tôt lundi à leur plus haut niveau en sept mois - avant de refluer après le message de Trump - a été une nouvelle indication que l'augmentation des coûts d'emprunt de l'État constitue la "kryptonite" du président lors de ses initiatives les plus disruptives.

Quoi qu'il en soit, la nervosité persiste et les marchés surveilleront aujourd'hui l'ampleur des dégâts causés par le conflit au Moyen-Orient sur la confiance des entreprises en mars, avec la publication des enquêtes flash PMI à travers le monde.

Par ailleurs, les pays asiatiques étudient différents moyens d'alléger les coûts et les pénuries d'énergie, la Corée du Sud envisageant une campagne d'économies d'énergie et la Chine limitant la hausse du plafond des prix des carburants.

Le Japon a quant à lui enregistré une baisse surprise et marquée de l'inflation en février, repassant sous la barre des 2% pour la première fois en près de quatre ans. Bien que ces chiffres soient antérieurs au conflit, ils pourraient compliquer la tâche de la Banque du Japon alors que celle-ci adopte un ton plus restrictif.

Dans le secteur du crédit privé, source d'inquiétudes croissantes, Apollo est devenu lundi le dernier gestionnaire d'actifs en date à plafonner les retraits massifs de son fonds phare. La société limitera les rachats à 5% de ses actions après que les investisseurs ont tenté de retirer environ 11,2% du total des actifs.

Graphique du jour

Les marchés de contrats à terme n'anticipent plus aucune baisse des taux d'intérêt de la Réserve fédérale cette année, le choc énergétique lié à la guerre en Iran devant maintenir l'inflation américaine à des niveaux contraignant la Fed au statu quo au moins jusqu'au second semestre 2027.

Événements à suivre aujourd'hui

* PMIs S&P Global manufacturier et services de mars aux États-Unis (15h45 heure de Paris)

* Adjudication de bons du Trésor américain à 2 ans

* Intervention de Michael Barr, gouverneur de la Fed

* Rencontre entre Ursula von der Leyen (UE) et le Premier ministre australien Anthony Albanese

* Élections législatives au Danemark

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