
Notre fonds affiche une performance YTD de -0,18% jusqu'au 31 mars 2026 contre -1,01% pour notre benchmark, l'indice Stoxx Europe 600, soit une surperformance de 0,83%.
Le fonds se classe parmi les meilleurs OPCVM de sa catégorie Actions Europe Flex Cap (4e meilleur sur 418 fonds de sa catégorie sur 10 ans) avec 5 étoiles Morningstar et 5 étoiles Quantalys et figure dans le premier décile de performance sur 1 mois, 3 mois, 6 mois, YTD, 1 an, 3 ans, 5 ans, 8 ans et 10 ans. Ce classement résonne avec la performance annualisée de 14,76% du fonds ces trois dernières années pour une volatilité de 13,92%, un ratio de Sharpe de 0,84 et un ratio de Sortino de 1,18.
Les principaux contributeurs à la performance en mars ont été Vestas Wind Systems,, Deutsche Börse, Ionos Group, Nordnet et Nordex. Les plus grands destructeurs de performance ont été Indra Sistemas, De'Longhi, Pan African Resources, Fresnillo et Bilfinger. Les cinq plus grandes positions étant Vestas Wind Systems, NewPrinces, Nordex, Diploma et GTT.
Au mois de mars nous avons initié de nouvelles positions sur UCB, Secunet Security Networks, Orion, FDJ United, Vestas Wind Systems et Solaria Energia y Medio Ambiente et vendu les lignes Fielmann Group, TUI, Orange, SOL et Fincantieri.
Mars 2026 aura constitué un véritable point d'inflexion pour les marchés financiers. Le mois a fait voler en éclats les grands scénarios qui dominaient encore en début d'année : l'hypothèse d'un pétrole durablement modéré, celle d'une désinflation progressive et celle d'un assouplissement monétaire des deux côtés de l'Atlantique. Le déclenchement, le 28 février, des frappes israélo-américaines contre l'Iran a brutalement replacé la géopolitique au centre du jeu financier mondial. En quelques séances, la fermeture du détroit d'Ormuz a provoqué un choc immédiat sur les marchés de l'énergie, entraînant une remontée violente des primes de risque et un basculement généralisé des investisseurs vers une lecture plus défensive de l'environnement.
Le mouvement a d'abord été spectaculaire sur les matières premières. Le Brent, proche de 60 USD avant le conflit, a culminé à 119 USD au centre de l'escalade de mi-mars avant de terminer le mois au-dessus de 100 USD. Le gaz européen a également subi de fortes tensions, le TTF touchant brièvement 74 EUR/MWh, tandis que l'aluminium a bondi jusqu'à 3 500 USD la tonne dans un contexte de désorganisation logistique majeure. Cette flambée des prix de l?énergie et des intrants industriels a immédiatement ravivé les craintes inflationnistes alors même que les perspectives de croissance se dégradaient. Le choc a été d'autant plus violent qu'il a frappé une économie mondiale déjà fragile, particulièrement exposée aux perturbations d'approvisionnement et à la hausse des coûts de transport.
Sur les marchés actions, la séquence a été dominée par un net mouvement de risk-off. Wall Street a enchaîné cinq semaines consécutives de baisse, les investisseurs sanctionnant en priorité les secteurs les plus sensibles au renchérissement de l'énergie et au ralentissement de l'activité : industrie, transport, chimie et consommation discrétionnaire. Les économies importatrices nettes d'énergie ont été particulièrement pénalisées. À l'inverse, le compartiment pétrolier a fait figure d'exception dans un marché globalement orienté à la baisse. La fin du mois a néanmoins laissé entrevoir un premier épisode de soulagement, avec le regain d'espoir suscité par des déclarations iraniennes plus conciliantes et par l'idée, relayée par Donald Trump, d'une issue relativement proche au conflit. Le Nasdaq 100 a ainsi rebondi de 3,4 % en une seule séance. Ce sursaut a toutefois été accueilli avec prudence, le maintien du pétrole au-dessus de 100 USD montrant que le marché de l'énergie restait nettement plus sceptique que les marchés actions quant à la réalité d'une désescalade rapide.
Ce choc énergétique a rapidement contaminé les perspectives macro-économiques mondiales. L'OCDE a révisé sa prévision de croissance mondiale pour 2026 de 3,3% à 2,9%, tout en relevant l'inflation attendue dans le G20 à 4,0%, soit une hausse de 1,2 point par rapport aux estimations antérieures. La révision du consensus pétrolier a elle aussi illustré l'ampleur du changement de régime : le Brent moyen attendu pour l'année a été relevé de 63,85 USD à 82,85 USD, soit la plus forte révision haussière recensée depuis 2005. Autrement dit, les marchés ne faisaient plus face à un simple accident géopolitique, mais à un choc susceptible de modifier durablement les équilibres de croissance, d'inflation et de politique monétaire.
Aux États-Unis, la dégradation du tableau conjoncturel a été accentuée par les statistiques de l'emploi. Le rapport publié le 6 mars a révélé une destruction nette de 92 000 emplois non agricoles en février, à rebours d'un consensus qui attendait encore des créations. Le déclenchement de la règle de Sahm a ravivé les craintes de récession à un moment particulièrement inconfortable, puisque l'inflation repartait parallèlement à la hausse. Le thème de la stagflation, jusqu'alors marginal, est ainsi revenu au premier plan dans les commentaires de marché. Cette combinaison d'une activité qui ralentit et de pressions inflationnistes qui se reforment a considérablement compliqué la tâche des banques centrales.
Dans ce contexte, la Fed a choisi l'attentisme lors de sa réunion du 18 mars. Elle a maintenu ses taux dans une fourchette de 3,50%-3,75%, tout en relevant sa prévision d?inflation PCE pour 2026 à 2,7%. Jerome Powell a indiqué qu?aucune baisse de taux ne pouvait être considérée comme acquise cette année tant que le reflux de l'inflation ne serait pas confirmé. Le marché monétaire s'est rapidement aligné sur cette lecture, en n'intégrant plus aucune baisse de taux en 2026, contre deux encore anticipées avant le déclenchement du conflit. Le lendemain, la BCE a elle aussi laissé inchangé son taux de dépôt à 2,00%, pour la sixième fois consécutive. Dans le même temps, elle a abaissé sa prévision de croissance pour la zone euro à 0,9% et relevé son estimation d'inflation à 2,6%. Là encore, le revirement a été saisissant : alors que les investisseurs anticipaient encore des baisses de taux en début d'année, ils commençaient désormais à escompter un possible resserrement supplémentaire d'ici la fin de 2026.
Au-delà des réactions immédiates des marchés, mars a surtout mis en lumière la centralité du détroit d'Ormuz comme baromètre de la crise. Tant que cette artère essentielle du commerce mondial restait paralysée, les annonces politiques ne suffisaient pas à crédibiliser un retour durable à la normale. Le prix du pétrole s'est imposé comme la boussole la plus pertinente pour évaluer le degré réel de tension. De fait, l'écart entre le prix papier du Brent et le coût du brut réellement disponible montre que le marché physique reste extrêmement tendu, avec une surcharge d'environ 30 USD par baril sur les cargaisons accessibles. D'autres indicateurs confirment cette désorganisation profonde : le coût de l'assurance maritime, qui représentait environ 0,25% de la valeur d'un pétrolier avant le conflit, oscille désormais entre 3,5% et 10%, tandis que le nombre de navires transitant quotidiennement par le détroit chutait d'une centaine à seulement quelques unités. Une véritable normalisation supposait non seulement une baisse tangible des primes d?assurance, mais aussi une reprise marquée du trafic maritime.
Au fil des semaines, l'idée initiale d'un conflit bref s'est progressivement érodée. Le scénario d'enlisement a gagné en crédibilité, nourri à la fois par la persistance des tensions sur les flux énergétiques et par les déclarations souvent contradictoires de Donald Trump. Le président américain a tour à tour nourri l'espoir d'une sortie rapide et ravivé les craintes d'une prolongation des hostilités, entretenant une volatilité très forte sur l'ensemble des actifs financiers. Ce comportement a conduit le marché à réagir de façon de plus en plus réflexe aux annonces politiques, dans un environnement où les investisseurs voulaient croire à une issue positive mais où les indicateurs tangibles ne validaient pas encore cette hypothèse.
À cette toile de fond déjà tendue s'ajoutent des échéances potentiellement critiques à l'approche de la mi-avril. Deux dispositifs temporaires de soutien devaient arriver à leur terme : l'utilisation des réserves stratégiques américaines et l'exemption accordée à l'Inde pour poursuivre ses importations de pétrole russe. Jusqu'ici, ces mécanismes avaient permis de contenir le déficit mondial autour de 5 millions de barils par jour. Leur disparition faisait planer le risque d'un déséquilibre encore plus marqué du marché pétrolier, avec des conséquences potentiellement sévères sur l'inflation mondiale et sur les anticipations de politique monétaire. C'est précisément cette articulation entre logistique, énergie, inflation et banques centrales qui a dominé la lecture de marché en fin de mois.
Le début du mois d'avril a cependant introduit un changement important de narration, avec les revirements de Donald Trump du 7 avril. Après avoir multiplié les déclarations martiales, la Maison Blanche a finalement validé le principe d'un cessez-le-feu temporaire de deux semaines entre les États-Unis, l'Iran et Israël, sous médiation pakistanaise. En contrepartie, Téhéran s'est engagé à garantir un passage sécurisé dans le détroit d'Ormuz, tandis que des discussions intensives devaient s'ouvrir sur la base d'une proposition iranienne en dix points. Ce retournement a immédiatement alimenté la lecture dite du TACO Trade, fondée sur l'idée que Donald Trump finit régulièrement par transiger après avoir adopté des positions initiales extrêmement dures. Les marchés ont logiquement acheté cette nouvelle, considérant qu'elle écartait à court terme le scénario le plus destructeur pour l?économie mondiale.
La réaction des actifs a été immédiate et spectaculaire. Le pétrole a lourdement corrigé, avec une baisse de 19% pour le WTI et de 15% pour le Brent, revenu autour de 95 USD après avoir évolué au-dessus de 110 USD moins de vingt-quatre heures auparavant. Le dollar s'est replié face aux principales devises, tandis que les rendements américains reculaient, le marché jugeant moins probable un nouvel emballement inflationniste. Ce rally de soulagement a surtout traduit le dégonflement de primes de risque géopolitique devenues excessives. Les secteurs les plus malmenés au cours des semaines précédentes, comme la technologie, le luxe ou les compagnies aériennes, apparaissaient naturellement comme les premiers bénéficiaires de cette détente, alors que les compartiments défensifs et les valeurs énergétiques perdaient leur statut de refuge relatif.
Pour autant, ce rebond ne saurait masquer la fragilité du cadre diplomatique. Le cessez-le-feu n'est que temporaire, limité à quatorze jours, et son application pourrait être partielle ou graduelle selon les acteurs impliqués. Des divergences persistent en outre entre alliés régionaux sur le périmètre même de la trêve. Surtout, les sujets de fond demeurent entiers : contrôle durable de la navigation maritime, avenir du programme nucléaire iranien, levée éventuelle des sanctions et nouvelles règles de passage dans le Golfe. Les réalités logistiques restent elles aussi complexes, avec plus de 800 navires bloqués ou en attente dans la région. Même dans l'hypothèse d'une réouverture progressive, la résorption de ces embouteillages prendra du temps, et la prudence des armateurs comme des assureurs continuera sans doute de peser sur la fluidité des échanges.
En parallèle, les dommages déjà infligés à la chaîne d'approvisionnement énergétique ne disparaîtront pas du jour au lendemain. Une partie des infrastructures a été durablement affectée, notamment dans le gaz naturel liquéfié, où environ 4% de l'offre mondiale pourrait rester indisponible pendant plusieurs années. Même après leur correction récente, les prix de l'énergie demeurent très supérieurs à leurs niveaux de début d'année. En pratique, cela signifie que le reflux du choc inflationniste sera probablement graduel plutôt que brutal.
Certaines pressions sur les coûts, notamment dans le transport aérien, les plastiques ou d'autres dérivés pétroliers, devraient continuer à se diffuser dans l'économie réelle. Le risque extrême d'un choc prolongé s'est certes atténué, mais il a laissé place à une phase de recomposition plus lente, plus complexe et plus incertaine.
Nous serons attentifs à la suite du conflit dans les pays du CCG et à l'ensemble de ces paramètres pour guetter un éventuel retour à la normale dans les prochains mois. En attendant, nous positionnons au mieux le fonds pour encaisser toutes les éventualités.





















