Il ne faut pas se leurrer, parvenir à de véritables accords prendra du temps, nécessitera des milliers d'heures de réunion et pourrait faire resurgir des pierres d'achoppement. Mais saluons ici la réactivité de l'exécutif européen, souvent critiqué pour la lenteur de ses prises de décision. Jean-Claude Juncker a pris tout le monde par surprise en arrivant à Washington avec un mandat clair, qui nous rassure sur la capacité de l'Union européenne à faire entendre une seule voix sur une question aussi capitale.
La question à 500 milliards de dollars
Donald Trump pouvait jubiler lors de la conférence de presse tenue hier. Si la délégation européenne s'est employée à dépeindre une victoire pour les deux camps, il apparaît que la balance penche assez clairement du côté de Washington, ne serait-ce que parce que le Président américain a finalement obtenu ce qu'il espérait, et nous oserions même dire la totalité de ce qu'il espérait.
Reste la question à 500 milliards de dollars : quelles sont les implications de l'émergence d'un front UE/US pour le bras de fer engagé entre les Etats-Unis et la Chine ? Donald Trump a parsemé son discours de la veille de nombreuses piques adressées à Pékin, sans jamais citer une seule fois le mot "Chine". Il a notamment fait référence à la domination économique de la paire transatlantique et n'a pas manqué de clamer que le compromis trouvé avec Bruxelles sera le meilleur moyen de protéger les entreprises américaines ET européennes en répondant aux "pratiques commerciales inéquitables, au vol de propriété intellectuelle, aux transferts de technologie forcés, aux subventions industrielles, à la distorsion créée par les entreprises d'Etat et aux surcapacités". Des griefs qui, sans exception, visent la Chine.
Pile je gagne, face tu perds
"D'un côté, l'accord US/EU pourrait servir de trame à un éventuel accord US/Chine pour faire retomber l'escalade en cours", souligne l'économiste Lewis Alexander, chez Nomura. "La Chine pourrait voir dans cet accord une preuve supplémentaire que le Président Trump fait machine arrière avant que ses décisions ne produisent leur plein effet", poursuit le spécialiste, ce qui ouvrirait la voie à une solution négociée avec Pékin avant l'échéance du 30 août, lorsque Washington étendra sa surtaxe douanière de 10% à 200 milliards de dollars de produits chinois additionnels. "Mais d'un autre côté, l'obtention d'un accord avec l'UE pourrait permettre à Donald Trump et à certains de ses conseillers les plus intransigeants, comme Peter Navarro et Robert Lighthizer, de cibler plus agressivement la Chine", selon Alexander, en s'appuyant sur un nouvel outil de campagne à l'approche des élections de "mid-term" en novembre et en recentrant le débat sur la guerre commerciale sino-américaine. Tout bien pesé, Nomura estime que les développements de la veille confortent son scénario macroéconomique de base, qui repose sur l'absence de durcissement des barrières douanières.
La théorie d'un front Atlantique commun séduit aussi le stratégiste de LBPAM Hervé Goulletquer. "Les Etats-Unis cherchent la confrontation avec la Chine, afin de la forcer à revoir des pratiques commerciales jugées déloyales et contraires aux règles internationales", avance-t-il, tandis que la stratégie menée avec les autres pays n'est pas de "tordre le bras, mais de revisiter les accords en cours et de trouver de nouveaux compromis". "La différence est fondamentale et, si elle se confirme, rassurera les marchés", prophétise le stratégiste.
La question à 500 milliards de dollars
Donald Trump pouvait jubiler lors de la conférence de presse tenue hier. Si la délégation européenne s'est employée à dépeindre une victoire pour les deux camps, il apparaît que la balance penche assez clairement du côté de Washington, ne serait-ce que parce que le Président américain a finalement obtenu ce qu'il espérait, et nous oserions même dire la totalité de ce qu'il espérait.
Reste la question à 500 milliards de dollars : quelles sont les implications de l'émergence d'un front UE/US pour le bras de fer engagé entre les Etats-Unis et la Chine ? Donald Trump a parsemé son discours de la veille de nombreuses piques adressées à Pékin, sans jamais citer une seule fois le mot "Chine". Il a notamment fait référence à la domination économique de la paire transatlantique et n'a pas manqué de clamer que le compromis trouvé avec Bruxelles sera le meilleur moyen de protéger les entreprises américaines ET européennes en répondant aux "pratiques commerciales inéquitables, au vol de propriété intellectuelle, aux transferts de technologie forcés, aux subventions industrielles, à la distorsion créée par les entreprises d'Etat et aux surcapacités". Des griefs qui, sans exception, visent la Chine.
Pile je gagne, face tu perds
"D'un côté, l'accord US/EU pourrait servir de trame à un éventuel accord US/Chine pour faire retomber l'escalade en cours", souligne l'économiste Lewis Alexander, chez Nomura. "La Chine pourrait voir dans cet accord une preuve supplémentaire que le Président Trump fait machine arrière avant que ses décisions ne produisent leur plein effet", poursuit le spécialiste, ce qui ouvrirait la voie à une solution négociée avec Pékin avant l'échéance du 30 août, lorsque Washington étendra sa surtaxe douanière de 10% à 200 milliards de dollars de produits chinois additionnels. "Mais d'un autre côté, l'obtention d'un accord avec l'UE pourrait permettre à Donald Trump et à certains de ses conseillers les plus intransigeants, comme Peter Navarro et Robert Lighthizer, de cibler plus agressivement la Chine", selon Alexander, en s'appuyant sur un nouvel outil de campagne à l'approche des élections de "mid-term" en novembre et en recentrant le débat sur la guerre commerciale sino-américaine. Tout bien pesé, Nomura estime que les développements de la veille confortent son scénario macroéconomique de base, qui repose sur l'absence de durcissement des barrières douanières.
La théorie d'un front Atlantique commun séduit aussi le stratégiste de LBPAM Hervé Goulletquer. "Les Etats-Unis cherchent la confrontation avec la Chine, afin de la forcer à revoir des pratiques commerciales jugées déloyales et contraires aux règles internationales", avance-t-il, tandis que la stratégie menée avec les autres pays n'est pas de "tordre le bras, mais de revisiter les accords en cours et de trouver de nouveaux compromis". "La différence est fondamentale et, si elle se confirme, rassurera les marchés", prophétise le stratégiste.



















