Contexte. Les résultats publiés pour le premier trimestre soulignent que globalement les grandes banques françaises se portent bien. Seules les performances du Crédit Agricole ont déçu. Le bénéfice net de la première banque française, à 470 millions d'euros, a été inférieur aux attentes des analystes. Une perte de 222 millions d'euros sur les activités en cours d'arrêt (dépréciations des CDO, CLO, ABS et instruments de couverture suite à la crise des subprimes) a notamment pesé sur les résultats, au même titre que les mauvais chiffres de la filiale grecque Emporiki. En revanche, les chiffres affichés par la banque franco-belge Dexia ont agréablement surpris le marché, avec un résultat trimestriel supérieur aux attentes, à 216 millions d'euros (-14% sur un an, mais +7% par rapport au dernier trimestre 2009). L'avancement de son plan de réorganisation a rassuré les investisseurs, après près de 80% du programme de refinancement de l'année qui est déjà achevé. Enfin, Natixis, filiale de BPCE (Banques Populaires et Caisses d'Epargne) a dégagé un bénéfice net trimestriel de 464 millions d'euros, supérieur aux attentes des analystes. Cette évolution positive résulte du dynamisme des activités de marchés. Les banques françaises sont exposées à hauteur d'une cinquantaine de milliards d'euros à la crise grecque, à travers des créances sur l'Etat et le secteur privé.

Perspectives et enjeux. Selon Moody's, les banques européennes ont un niveau de fonds propres suffisant pour absorber les pertes qui pourraient résulter de leurs portefeuilles de créances en Grèce, au Portugal, en Espagne et en Irlande. Les 30 banques européennes étudiées par l'agence de notation ont un ratio de fonds propres moyen de 9%. Ces établissements peuvent compter sur l'intervention de la Banque Centrale Européenne, qui a décidé d'acheter des obligations de pays qui subissent un fort déficit budgétaire. Sous la pression des marchés, notamment inquiets des difficultés économiques de l'Espagne, les pays de l'Union Européenne vont publier les résultats des tests de résistance des banques d'ici fin juillet. L'an passé, les tests avaient démontré que les banques européennes étaient suffisamment capitalisées pour affronter une détérioration sévère des conditions macroéconomiques. Aujourd'hui, la crise de la dette souveraine oblige à récidiver. Cette initiative permettra de mettre en lumière les banques les plus fragiles du système européen, posant ainsi la question de leur recapitalisation.

Pour comprendre. La banque universelle comprend les activités de banque de détail, de services financiers spécialisés, de banque de financement et d'investissement (BFI) et de gestion d'actifs. Largement répandue en France, elle peut s'appuyer sur les dépôts de particuliers pour lever des fonds sur le court terme. La banque d'affaires, qui n'a pas cette possibilité, doit émettre des certificats de dépôt auprès d'établissements financiers pour se financer.