New York (awp/afp) - Les cours du pétrole ont nettement monté lundi à l'avant-veille d'un sommet très attendu de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), profitant de propos jugés encourageants de l'Irak quant aux chances d'un accord ambitieux de réduction de l'offre.

Le prix du baril de "light sweet crude" (WTI), référence américaine du brut, a gagné 1,02 dollar à 47,08 dollars sur le contrat pour livraison en janvier au New York Mercantile Exchange (Nymex).

"Ce qui a provoqué cette hausse, ce sont des déclarations (...) de l'Irak, qui s'est dit prêt à coopérer à une baisse de la production", a résumé John Kilduff, d'Again Capital, y voyant surtout des propos conçus pour être "tenus au bon moment".

En se disant "optimiste" lors de son arrivée à Vienne, le ministre irakien du Pétrole, Jabbar al-Louaïbi, a relancé les spéculations à deux jours du sommet semestriel de l'Opep dans la capitale autrichienne, le cartel ayant promis fin septembre de mettre en oeuvre à cette occasion un accord de stabilisation de son offre.

Depuis l'annonce par l'Opep de ce projet d'accord, voici deux mois, les cours n'ont cessé de fluctuer en fonction des rumeurs et déclarations sur le sujet, que ce soit des membres de l'Opep ou de producteurs extérieurs, comme la Russie, que les investisseurs espèrent voir rejoindre ce pacte.

"Jusqu'à mercredi, l'incertitude va régner et les cours vont monter ou descendre comme un yoyo", a prévenu James Williams, de WTRG Economics.

Il estimait que les cours se maintiendraient à leur niveau si l'Opep décidait d'un gel, qu'ils bondiraient à plus de 50 dollars le baril si une baisse de production d'environ un million de barils par jour (bj) était décidée, mais qu'ils chuteraient sous les 40 dollars en cas d'absence totale d'accord.

"L'espoir fait vivre en ce moment !", a conclu M. Kilduff. "Cela reste à l'Opep de faire ses preuves... Et vu les propos tenus par l'Arabie saoudite, on en est encore loin."

Membre dominant de l'Opep et principal fer de lance d'un accord ambitieux, l'Arabie saoudite avait donné un coup dur lors du week-end aux investisseurs en avançant qu'une baisse de l'offre n'était pas obligatoire, même si certains observateurs y voyaient avant tout une pression de dernière minute sur des pays comme l'Irak et l'Iran.

afp/rp