par Sarah Marsh et Madeline Chambers

BERLIN, 5 mars (Reuters) - Le ministre allemand de la Défense a assuré mardi que l'interception d'une conversation secrète entre officiers sur l'Ukraine, diffusée la semaine dernière par les médias russes, était due à une erreur individuelle et ne résultait pas d'une faille dans les systèmes de communication de l'armée allemande.

"Nos systèmes de communication n'ont pas été compromis", a déclaré Boris Pistorius lors d'une conférence de presse destinée à présenter les premières conclusions de l'enquête ouverte par les autorités après cette fuite embarrassante. "La raison pour laquelle la conversation de l'armée de l'air a pu malgré tout être enregistrée tient à l'erreur opérationnelle d'un individu."

Ce participant à la réunion s'est connecté de Singapour, pendant le Salon aéronautique et de Défense, qui attire de nombreux hauts gradés et en fait une cible de choix pour les services de sécurité.

"Nous devons donc supposer que l'accès à cette visioconférence WebEx a été le fait du hasard dans le cadre d'une approche large et disséminée", a expliqué Boris Pistorius.

Le recours à un logiciel de la société américaine WebEx pour organiser cette réunion en ligne était autorisé jusqu'à un certain niveau de sécurité, a-t-il ajouté, en précisant qu'il ne s'agissait pas d'un logiciel disponible dans le commerce mais d'un logiciel spécialement certifié.

Le gouvernement vérifie cependant si certains sujets abordés dans la conversation n'auraient pas dû l'être via WebEx, a précisé le ministre de la Défense.

Lors de la visioconférence, le chef de l'armée de l'air Ingo Gerhartz discute avec trois autres officiers de haut rang de la Luftwaffe de l'éventuelle livraison à l'Ukraine de missiles de croisière Taurus, hypothèse jusqu'ici rejetée publiquement par le chancelier Olaf Scholz.

Prié de dire si cette fuite fragilisait la position du général Gerhartz, qui n'était pas l'officier connecté de Singapour, le ministre allemand de la Défense a répondu qu'en l'absence d'éléments issus de l'enquête, il ne comptait pas "sacrifier" l'un de ses meilleurs officiers "pour les jeux de (Vladimir) Poutine".

Boris Pistorius a ajouté avoir discuté avec les alliés de l'Allemagne, qualifiée de "ni fiable ni sûre" par l'ancien ministre de la Défense britannique Ben Wallace dans les colonnes du Times. Il a assuré que les partenaires de Berlin lui avaient exprimé leur confiance.

"Tout le monde connaît le danger de telles écoutes et sait qu'on ne peut se protéger à 100%", a-t-il déclaré. (Jean-Stéphane Brosse pour la version française)