Le ministère du Commerce chinois a déclaré que Pékin et Washington discutaient actuellement d'une éventuelle reprise de leurs négociations commerciales bilatérales, ajoutant que la Chine, opposée à une escalade dans la guerre commerciale, est disposée à résoudre le problème calmement.

Ces déclarations ont favorisé un retournement de tendance sur des actions européennes mais les rendements des obligations d'Etat restent proches de leurs plus bas record dans la crainte d'une récession mondiale liée aux tensions commerciales et d'un Brexit sans accord.

À Paris, l'indice CAC 40 gagne 1,13% à 5.429,66 points vers 08h55 GMT. À Francfort, le Dax prend 0,9% et à Londres, le FTSE avance de 0,86%. La Bourse de Milan (+1,5%) surperforme dans la perspective de la formation d'un nouveau gouvernement de coalition.

L'indice EuroStoxx 50 de la zone euro progresse de 1%, le FTSEurofirst 300 de 0,85% et le Stoxx 600 de 0,79%.

Les investisseurs continuent par ailleurs de s'inquiéter de l'inversion sur l'ensemble de la courbe des taux aux Etats-Unis, un signe considéré historiquement comme l'amorce d'une entrée de l'économie américaine en récession, un facteur qui favorise les valeurs refuge comme le yen et l'or.

En Italie, le président Sergio Mattarella a chargé Giuseppe Conte, qui avait démissionné, de former un nouveau gouvernement de coalition entre le Mouvement 5 Etoiles (M5S) et le Parti démocrate (PD), ce qui devrait permettre d'éviter des élections anticipées à l'automne et de réduire les incertitudes budgétaires et économiques.

Le marché attend les chiffres de l'inflation allemande (12h00 GMT).

VALEURS

Bouygues grimpe de 5,95% après avoir publié des résultats supérieurs aux attentes au premier semestre grâce notamment aux télécoms.

Pernod Ricard (+3,1%) a de son côté vu la croissance de ses profits s'accélérer pour son exercice annuel décalé grâce au bond de ses ventes en Chine, et a multiplié les initiatives avec l'annonce de la création d'une distillerie en Chine, la poursuite de ses acquisitions dans le whisky américain et un plan de rachat d'actions d'un maximum d'un milliard d'euros.

EN ASIE

La Bourse de Tokyo a fini en baisse de 0,09%, les gains de début de séance dans le sillage de Wall Street n'ayant pas tenu, notamment en raison de l'appréciation du yen qui a pesé sur les valeurs exportatrices.

En Chine, l'indice SSE Composite de Shanghai a cédé 0,1%.

A WALL STREET

La Bourse de New York a fini en nette hausse mercredi, tirée par les valeurs financières et pétrolières, un rebond qui a mis entre parenthèses, au moins momentanément, les craintes de récession et les tensions commerciales.

L'indice Dow Jones, qui évoluait dans le rouge à l'ouverture, est rapidement revenu en territoire positif et en clôture, il gagnait 258,2 points, soit 1%, à 26.036,1. Le Standard & Poor's 400, plus large, a pris 18,78 points, soit 0,65%, à 2.887,94 et le Nasdaq Composite a progressé de 29,94 points, soit 0,38%, à 7.856,88.

TAUX

La plupart des rendements des obligations souveraines remontent légèrement, mais ceux du Bund à 10 ans et des Treasuries à 30 ans restent tous deux près de leurs plus bas record touchés mercredi à, respectivement, -0,716% et 1,905%.

Le rendement des titres à 10 ans italiens poursuit sa baisse après être passé sous la barre de 1% pour la première fois de son histoire. La ruée vers les obligations italiennes, dont les rendements restent plus élevés qu'ailleurs dans la zone euro, se fait dans l'attente de la formation d'un nouveau gouvernement.

CHANGES

L'aversion au risque soutient le yen, en passe d'afficher sa plus forte hausse mensuelle depuis mai, tandis que la faiblesse des rendements des Treasuries à 30 ans freine le dollar.

Le yuan recule encore légèrement, en baisse pour la 11ème séance consécutive, dans le contexte d'intensification de la guerre commerciale.

PÉTROLE

Les cours du pétrole sont en baisse pour la première fois en trois jours après des déclarations mitigées sur les perspectives de l'économie américaine de la part de la présidente de la Réserve fédérale de San Francisco, Mary Daly.

Le contrat octobre sur le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perd 0,34% à 55,59 dollars le baril et le Brent recule de 0,28% à 60,32 dollars.

(Édité par Marc Angrand)

par Juliette Rouillon