L'entreprise, spécialisée dans les écrans LCD (cristaux liquides), a raté le virage vers les écrans plus fins, plus économes et flexibles adoptés par les fabricants de smartphones.ofrin

Il fournit à Apple plus de la moitié de sa production d'écrans LCD, mais ce dernier devrait équiper dès la fin de cette année ses iPhone d'écrans Oled (diodes électroluminescentes organiques).

Or, Japan Display envisage de lancer la production en série de tels écrans pour smartphones seulement en 2019, afin de tenter de rattraper ses rivaux sud-coréens, dont Samsung.

"Nous ne voyons plus d'avenir dans les écrans de smartphones sans l'Oled", a déclaré le directeur général Nobuhiro Higashiiriki, lors d'un point presse mercredi à la suite de la publication des résultats du premier trimestre du groupe.

Déficitaire depuis trois exercices, Japan Display a accusé une perte nette de 31,46 milliards de yens (240 millions d'euros) sur le trimestre clos en juin, contre une perte de 11,8 milliards de yens il y a un an.

Les quatre analystes interrogés par Thomson Reuters avaient anticipé en moyenne une perte plus réduite, de 18,1 milliards yens.

Japan Display n'a pas donné de prévision pour l'ensemble de l'exercice 2017-2018, clos le 31 mars, mais a dit s'attendre à enregistrer sur l'année une perte exceptionnelle de 170 milliards de yens en raison d'une refonte de son activité.

PEUT-ÊTRE UN NOUVEAU BESOIN DE LIQUIDITÉS

Nobuhiro Higashiiriki a déclaré que Japan Display pourrait avoir besoin d'une injection de liquidités d'investisseurs extérieurs pour l'aider à financer sa restructuration. Le groupe a obtenu une aide 75 milliards de yens l'an dernier auprès de son principal actionnaire, le fonds public INCJ (Innovation Network Corp of Japan).

Selon les analystes financiers, les fabricants chinois d'écrans pourraient être des investisseurs potentiels, mais rien ne dit qu'INCJ est prêt à accepter leur entrée au capital du groupe japonais, estime Masayuki Otani, analyste chez Securities Japan.

Japan Display, qui a comprimé ses effectifs de 2.600 postes l'an dernier, a dit vouloir en supprimer 3.700 autres afin de consolider ses lignes de production domestiques et à l'étranger.

Le groupe a dit avoir reçu une nouvelle ligne de crédit d'un montant de 107 milliards de yens de ses principaux créanciers.

Face aux difficultés de Japan Display, cinq ans après sa création, des interrogations subsistent toujours sur la pertinence de l'intervention de l'Etat. INCJ a en effet largement contribué à la création du groupe, formée à partir des divisions écrans déficitaires de Sony, Hitachi et Toshiba.

Les décisions rapides et audacieuses d'investissement qui sont cruciales dans une industrie des technologies aussi concurrentielle sont souvent difficiles à réaliser avec l'argent des contribuables, estiment les analystes.

Le titre Japan Display a fini en baisse de 1,52% à la clôture de la Bourse de Tokyo.

(Junko Fujita; Claude Chendjou pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

par Makiko Yamazaki