Tokyo (awp/afp) - Les ventes mondiales cumulées en volume des trois membres de l'alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi Motors ont totalisé environ 10,16 millions d'unités l'an dernier, un repli de 5,6% sur un an, selon un calcul de l'AFP à partir de données publiées jeudi.

Les ventes mondiales de Nissan, particulièrement en difficulté, ont chuté de 8,4% en 2019 à environ 5,18 millions d'unités, tandis que celles de Mitsubishi Motors ont légèrement progressé (+0,5%) à 1,23 million d'unités, selon des chiffres annoncés séparément jeudi par les deux constructeurs nippons.

Les ventes annuelles de Renault, publiées mi-janvier, ont quant à elles reculé de 3,4% à 3,75 millions d'unités.

Alors que le groupe français a pu limiter les dégâts l'an dernier grâce au succès de ses marques à bas coûts (Dacia, Lada), Nissan a reculé sur quasiment tous ses marchés.

Ses ventes 2019 ont notamment chuté de 10,6% en Amérique du Nord, à 1,75 million d'unités, dont un recul de 9,9% aux Etats-Unis.

Leur déclin a été encore plus brutal en Europe (-17,2% à 567.000 unités environ), mais nettement plus limité en Chine (-1,1% à 1,55 million d'unités environ).

Au Japon, les ventes totales de Nissan ont baissé de 7,8% à 567.617 véhicules.

Seules les ventes de son segment de mini-voitures ("kei cars") au Japon ont progressé, avec une hausse de 5,5% pour 200.126 unités écoulées.

Nissan a subi de plein fouet le retournement du marché mondial de l'automobile, mais a aussi décidé l'an dernier de rompre avec la course aux volumes à tout prix, qui était la marque de fabrique de son ancien grand patron Carlos Ghosn.

Le constructeur a "normalisé" ses ventes en diminuant son recours aux promotions et aux dispositifs incitatifs à l'achat. Il souffre aussi d'une image considérablement détériorée au Japon, du fait de l'affaire Ghosn et de précédents scandales.

La publication de ces chiffres intervient alors que se tenait jeudi un conseil opérationnel de l'alliance au siège de Nissan à Yokohama (ouest de Tokyo), en présence des dirigeants des trois constructeurs, dont le président de Renault Jean-Dominique Senard.

Les responsables des trois groupes sont désireux de faire taire les rumeurs en démontrant que l'alliance est repartie sur de bons rails. Celle-ci avait été quasiment paralysée pendant près d'un an en raison de l'affaire Ghosn, qui avait considérablement refroidi les relations entre Renault et Nissan.

afp/al