Les investisseurs voulaient entendre une autre chanson d'Engie ! En baisse de 7,61% à 11,78 euros, le producteur et fournisseur de gaz et d'électricité, ex GDF-Suez, a atteint en matinée son niveau le plus bas depuis sa naissance en juillet 2008 à 11,765 euros. Les investisseurs sanctionnent durement l'ajustement à la baisse des objectifs annuels du groupe annoncé dans le sillage de la publication de résultats neuf mois dégradés.

Sur les neuf premiers mois de l'année, l'Ebitda d'Engie a reculé de 5,4% en données publiées et de 2% à taux de change et périmètre constants à 7,7 milliards d'euros. Le chiffre d'affaires a lui baissé de 11,1% en données publiées et de 10,5% à taux de change et périmètre constants à 47,5 milliards.

Ce recul s'explique en particulier par la chute des prix de l'énergie et par les températures en France moins froides sur les neuf premiers mois de l'année 2016 par rapport à la même période en 2015.

Dans ce contexte difficile, Engie table pour l'ensemble de son exercice 2016 sur un Ebitda dans le bas de la fourchette de 10,8 à 11,4 milliards d'euros (hors impact significatif de cessions) et sur un résultat net récurrent part du groupe dans le bas de la fourchette de 2,4-2,7 milliards.

Les analystes sont partagés après cette publication. Soulignant que la révision à la baisse des objectifs annuels dans le bas de la fourchette était anticipée par le consensus, Bryan Garnier a confirmé sa recommandation d'Achat et son objectif de cours de 17 euros sur la valeur. Le plan de transformation axé sur les services énergétiques et les énergies renouvelables est en marche avec la signature pour 6,1 milliards d'euros de ventes d'actifs en 2016, a souligné le broker.

Credit Suisse en revanche a maintenu son opinion Neutre et son objectif de cours de 14,50 euros sur le titre. L'intermédiaire s'interroge sur la date à laquelle le groupe recueillera les premiers fruits de sa transformation. Il n'attend pas d'impact positif sur les résultats avant la fin de la décennie.