Actualisé après fermeture de Wall Street

NEW YORK (awp/afp) - Les marchés boursiers ont en partie fini la semaine dans le vert vendredi, avec les promesses des banques centrales d'un resserrement rapide et strict de leurs politiques monétaires.

Paris (+1,34%), Francfort (+1,46%), Londres (+1,56%) et Milan (+2,13%) ont réussi à afficher une clôture positive. Mais sur la semaine, seule la place britannique progresse.

Après un modeste rebond jeudi, Wall Street a conclu en ordre dispersé: l'indice Dow Jones a grappillé 0,40%, le Nasdaq, à dominante technologique, a perdu 1,34% et le S&P 500 a lâché 0,27%.

Mais sur la semaine, la Bourse new-yorkaise s'est enfoncée dans le rouge: en perte de presque 4% pour le Nasdaq, de 1,13% pour le S&P 500 et de 0,28% pour le Dow Jones.

"Il y a une véritable volonté de la part de la Réserve fédérale américaine de vaincre l'inflation, donc la politique monétaire américaine va devenir résolument peu accommodante, de plus les taux connaissent une forte hausse et les valorisations des actions restent très élevées", énumère Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM, pour expliquer la différence de tendance entre l'Europe et les Etats-Unis.

La banque centrale américaine prévoit en effet d'importantes hausses de ses taux directeurs et la réduction de son bilan dès le mois de mai.

Cette détermination affichée a ainsi provoqué "quelques prises de bénéfices en amont du début de la saison des résultats américains la semaine prochaine", constate Michael Hewson, analyste de CMC Markets.

En Europe, les voix pour une politique plus dure se font aussi entendre au sein de la Banque centrale européenne, en amont de la prochaine réunion de politique monétaire, jeudi, qui devrait confirmer "que la normalisation de la politique monétaire est toujours en cours", même si "son rythme est très incertain", estiment les analystes d'Unicredit.

Ce contexte monétaire a contribué à tendre encore un peu plus les taux d'intérêt pour les emprunts d'État.

Le taux d'intérêt de la dette américaine à 10 ans s'établissait à 2,70%, contre 2,65% la veille. Celui de la France, où le premier tour de l'élection présidentielle se déroulera dimanche, avançait légèrement à 1,258%.

Le conflit russo-ukrainien a un peu moins pesé sur les marchés cette semaine puisque "les prix du pétrole ont plutôt baissé" selon Frédéric Rollin.

Vendredi, ils ont remonté après les pertes de la veille, pris en tenaille entre la libération de réserves stratégiques des pays consommateurs, la baisse de l'offre russe et l'effritement de la demande venant de Chine.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin est monté de 2,18%, pour finir à 102,78 dollars.

A New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI), principal variété américaine, avec échéance en mai, a lui gagné 2,32% et clôturé à 98,26 dollars.

Les marchés ont aussi fait fi de la situation sanitaire en Chine, qui affronte sa plus grande flambée épidémique depuis deux ans, ce qui a poussé la capitale économique de Shanghai à durcir son confinement.

"L'économie chinoise pourrait souffrir de cette situation mais les autorités monétaires et gouvernementales semblent prêtes à soutenir l'économie, ce qui rassure les marchés qui ont une vision de plus long terme", explique Frédéric Rollin. Les Bourses chinoises ont enregistré des pertes inférieures à 1% sur la semaine.

L'euro au plus bas depuis un mois

L'euro reculait vendredi par rapport au dollar américain, lesté par la guerre en Ukraine et la divergence des politiques monétaires de la Fed et de la BCE. Il reculait de 0,04% à 1,0875 dollar. Depuis le début de l'année, il cède plus de 4% face au billet vert.

Crédit Agricole se place sur Banco BPM, qui flambe

La banque française Crédit Agricole (-0,02%) a annoncé jeudi avoir acquis une participation de 9,18% au capital de la banque italienne Banco BPM (+10,24%), la troisième plus importante du pays.

La variation du cours de Crédit Agricole était moins positive que celle de la plupart des autres banques, comme BNP Paribas (+2,76%), Banco Santander (+2,58%) ou Deutsche Bank (+3,51%), portés par la hausse des taux d'intérêt sur le marché obligataire.

Boeing freine le Dow Jones

Boeing a freiné le Dow Jones, l'action perdant de la hauteur (-1,56% à 175,20 dollars) après la nouvelle qu'un Boeing 757 de fret s'est cassé en deux à l'atterrissage au Costa Rica.

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