(Ajoute bilan arménien §3)

BAKOU/EREVAN, 2 avril (Reuters) - De nouveaux combats ont éclaté samedi dans le Haut-Karabakh, région sécessionniste d'Azerbaïdjan majoritairement peuplée d'Arméniens de souche.

"Six chars arméniens ont été détruits et une centaine de militaires arméniens tués ou blessés", dit le ministère azerbaïdjanais de la Défense dans un communiqué. Il fait en outre état de douze morts dans les rangs de l'armée azerbaïdjanaise.

Le gouvernement arménien a rejeté ce bilan. Le président arménien Serj Saksyan a déclaré lors d'une réunion du conseil de sécurité nationale que les affrontements avaient fait environ 18 morts et 35 blessés, sans préciser s'il s'agissait uniquement de militaires.

Selon l'état-major des forces de la région, un hélicoptère de l'armée azerbaïdjanaise a été abattu, ce que Bakou a reconnu.

Les deux camps font également état de pertes civiles et s'imputent mutuellement la responsabilité de la reprise des combats. Le président russe Vladimir Poutine a invité les deux camps "à faire preuve de retenue pour éviter de nouvelles pertes", selon le Kremlin.

Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, s'est par ailleurs entretenu par téléphone avec ses homologues azerbaïdjanais et arménien.

"La France est préoccupée par les incidents à proximité de la ligne du cessez-le-feu au Haut-Karabakh. Elle déplore les pertes de vies humaines, en particulier de civils", a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué.

"Elle appelle toutes les parties au respect du cessez-le-feu (et) à un retour sans délai à la table des négociations", a-t-il ajouté, en précisant que la diplomatie française "ne ménager(ait) pas (ses) efforts dans ce but".

Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, a quant à lui réclamé "la fin immédiate des combats et le strict respect du cessez-le-feu".

Les affrontements pour le contrôle du Haut-Karabakh ont fait 30.000 morts en 1991, lors de l'effondrement de l'Union soviétique. Malgré le cessez-le-feu entré en vigueur en mai 1994, des affrontements éclatent régulièrement dans la région. (Nailia Bagirova et Hasmik Mkrtchyan, Avec Simon Carraud à Paris; Jean-Philippe Lefief pour le service français)