Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales sont orientées en baisse mercredi, les actions étant pénalisées par la hausse des taux obligataires alors que les marchés s'interrogent sur la trajectoire de la politique monétaire de la banque centrale américaine (Fed).

En Europe, vers 10H20 GMT, la Bourse de Londres perdait 0,31%, Francfort reculait de 0,58%, Paris cédait 0,86% et Milan lâchait 0,89%.

A Wall Street, les contrats à terme des trois principaux indices boursiers oscillaient entre -0,55% et -0,65%, laissant présager une ouverture en baisse.

La veille, la Bourse de New York a connu une séance divisée. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a dépassé les 17'000 points pour la première fois (+0,59% à 17'019,88 points), inscrivant un nouveau record après celui de vendredi, tandis que le Dow Jones a cédé 0,55% et que l'indice élargi S&P 500 est resté stable (+0,02%).

Les marchés sont tournés vers la publication de la mesure d'inflation préférée de la Fed, l'indice PCE, attendue vendredi.

Les analystes prévoient que la hausse de cet indice en avril reste inchangée à 2,7% sur un an et 0,3% sur un mois.

Mardi, un des responsables de la Fed, Neel Kashkari, membre non votant du comité monétaire de la banque centrale américaine cette année, a suscité des inquiétudes après avoir déclaré que l'institution "devrait prendre son temps pour déterminer si l'inflation ralentit suffisamment pour justifier une baisse des taux d'intérêt", a rapporté John Plassard, spécialiste de l'investissement de Mirabaud.

Dans le sillage de ces déclarations, "les taux d'intérêt américains se tendent de nouveau cette semaine", ce qui pèse sur les marchés d'actions, a relevé Xavier Chapard, stratégiste de LBP AM.

Sur le marché obligataire, après une nette remontée mardi, le taux d'intérêt de l'emprunt américain à 10 ans montait encore à 4,57% vers 10H15 GMT, contre 4,55% en clôture la veille, et celui de l'Allemagne à même échéance passait à 2,63%, contre 2,59% lundi.

En Europe, les investisseurs seront attentifs à la publication du taux d'inflation en Allemagne en mai, prévue à 12H00 GMT (14H00 heure de Paris).

Les données devraient "confirmer que la Banque centrale européenne (BCE) a une latitude totale pour amorcer le cycle de baisse des taux jeudi prochain", le 6 juin, date de sa prochaine réunion de politique monétaire, a estimé Christopher Dembik, conseiller en investissement de Pictet AM.

Une offre ferme de BHP attendue

Le groupe minier Anglo American chutait de 1,06% à Londres après qu'il a dit rejeter une demande de son rival australien BHP (+1,63%) qui a souhaité davantage de temps pour préparer une offre de rachat révisée sur le groupe britannique, dans le but de former un titan du cuivre.

BHP, qui doit déposer une offre ferme mercredi avant 16H00 GMT ou se retirer, "n'a pas répondu aux préoccupations fondamentales du conseil d'administration" d'Anglo American au sujet de cette offre à 38,6 milliards de livres (45,4 milliards d'euros), a indiqué le groupe britannique dans un communiqué.

La livre au plus haut face à l'euro

La livre se relevait face à l'euro, les paris sur une baisse des taux de la banque centrale britannique en juin s'essoufflant en raison des élections législatives programmées en juillet.

Vers 10H15 GMT, la devise britannique s'octroyait 0,04% face à la monnaie unique européenne, à 85,04 pence pour un euro, après s'être hissée à 84,83 pence pour un euro, au plus haut depuis août 2022.

Du côté du pétrole, les prix poursuivaient leur progression, poussés par le risque géopolitique au Moyen-Orient avec une attaque de navire marchand au large du Yémen, en amont d'une réunion ministérielle du groupe de pays exportateurs de l'Opep+.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, grimpait de 0,93% à 85,00 dollars et son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison le même mois, progressait de 0,98% à 80,61 dollars.

Le bitcoin baissait de 0,45%, à 67'938 dollars.

afp/jh