Pan African Resources génère de la valeur en développant de nouveaux projets miniers en Afrique du Sud. Le groupe mène des études géologiques et des forages dans les zones à fort potentiel aurifère. Ces projets impliquent la construction de mines, de tunnels et d'autres infrastructures essentielles à l'extraction du minerai par des méthodes souterraines et de recyclage de résidus. Cette stratégie permet au groupe de viser des gisements plus profonds à haute teneur en or, prolongeant ainsi la durée de vie de ses mines, actuellement estimée à plus de 20 ans, de 4 à 6 ans supplémentaires, tout en réduisant les coûts de production.

Les concentrés réfractaires d'or, issus de l'extraction, sont traités dans les usines du groupe, où des procédés et des technologies de pointe assurent un taux de récupération élevé. Le métal jaune est ensuite affiné en lingots à la Rand Refinery avant d'être vendu aux banques et aux fabricants de bijoux.

D'ici 2025, Pan African Resources prévoit d'augmenter sa capacité de production à 200 000 onces d'or, soit une hausse de 12% par rapport à l'année en cours. En tout, elle compte exploiter 4 complexes miniers en Afrique du Sud :

  • Barberton Mines : Acquis en 2007, ce complexe inclut plusieurs mines souterraines historiques et des projets de retraitement de résidus, avec une capacité de production annuelle d'environ 110 000 onces d'or.
  • Evander Mines : Acquises en 2013, ces mines produisent environ 40 000 onces d'or par an et intègrent des techniques avancées de ventilation et d'extraction.
  • Elikhulu Tailings Retreatment Plant : Commissionné en 2018, ce projet de retraitement de résidus à Evander permet de récupérer de l'or à partir de matériaux de résidus. Il produit environ 50 000 onces d'or par an.
  • Mintails Project :  Acquis en 2022, ce complexe comprend deux grandes installations de stockage de résidus avec des projets de retraitement de 243 millions de tonnes de résidus.

L'Afrique du Sud se classe comme le huitième plus grand producteur d'or au monde, avec une production estimée à 110 tonnes (2022). Le pays compte 28 mines d'or en activité, y compris le puits le plus profond au monde. Toutefois, le pays fait face à des défis tels que le ralentissement de la croissance, un taux de chômage élevé, des problèmes d'insécurité et la dépréciation de la monnaie, qui représentent des risques récalcitrants pour le secteur minier implanté. 

C’est en 2023 que Pan African Resources a été pris par les vents contraires liés à la conjoncture locale. La crise énergétique provoquée par Eskom, le principal fournisseur d'électricité du pays, qui a conduit à une hausse des coûts d’approvisionnement en électricité, réduisant la production annuelle de PAR de 10 000 onces d'or. Cette baisse a entraîné une diminution de 21% du chiffre d'affaires annuel et de 23% de l'EBITDA. Toutefois, ces pertes ont été partiellement compensées au premier trimestre 2024, avec une augmentation de la production de 7%, une génération de trésorerie supérieure de 120% et une hausse de 50% du bénéfice net en glissement annuel.

Par ailleurs, le métal jaune continue de se positioner comme un actif refuge et stable. Dans un contexte inflationniste affectant les actifs les plus cycliques, les revenus du groupe ont bénéficié de la hausse de la valeur de l’or, renforçant ainsi son pricing power.

Le groupe mène également des activités de forage dans cinq zones au nord-est du Soudan, un marché prometteur peu exploité avec une capacité de production d'environ 50 tonnes d’or par an. Nonobstant la guerre qui a éclaté en 2023, le groupe a repris ses activités dans le pays en début d’année, après une mise en maintenance qui a duré 1 an.

Croissance historique et future

Si on s’intéresse au cycle de 2014-2024, le chiffre d'affaires, l'EBITDA et le résultat net devraient afficher des croissances de 7,3%, 11,4% et 10% respectivement.

Les projets d'expansion annoncés laissent entrevoir des perspectives encore plus prometteuses à moyen terme. Pour les trois prochains exercices fiscaux, ces trois indicateurs devraient connaître des hausses annuelles de 20,4%, 32% et 45%, avec des marges nettes oscillant entre 22% et 35%. L'impact du Capex sur la croissance devrait également diminuer de 24 points d'ici 2025, le ratio Capex/CA passant de 40% à 15,7%.

La dette évolue également sur la bonne trajectoire. Les prévisions la situent de 3,6x l’EBITDA en 2018 à 0.1x en 2025. Ce qui reflète une gestion financière prudente et efficace des projets en cours.

Le titre de Pan African Resources se négocie à des multiples attractifs (moyenne PER sur 10 ans : x6,1). Son cours d'action, lui, poursuit une trajectoire haussière, avec une progression de 115% sur un an.

Du fait de ses qualités fondamentales et des perspectives prometteuses, le dossier a récemment fait son entrée dans notre fonds Europa one.
Pour aller plus loin : Lire l'article de Tommy Douziech sur "L'anomalie qui se cache derrière l'or"