Institutional Shareholder Services (ISS) a recommandé aux actionnaires de Goldman Sachs de s’opposer à la décision du conseil d’administration d’accorder des primes exceptionnelles en actions à ses deux principaux dirigeants. Cette prise de position fait d’ISS le deuxième grand cabinet de conseil en vote à contester ces rémunérations.
Annoncées en janvier, les primes en question, d’un montant cumulé de 160 millions de dollars, visent à retenir le directeur général David Solomon et le directeur de l’exploitation John Waldron, souvent cité comme son successeur potentiel, et à assurer la stabilité à la tête du groupe.
Une question récurrente
ISS reconnaît que l’intention peut être justifiée aux yeux de certains actionnaires, mais estime dans un rapport daté de lundi que ces primes posent problème par leur ampleur et leur structure, en plus de l’absence de “critères de performance rigoureux et prédéfinis”.
Cette opposition souligne un dilemme récurrent à Wall Street : comment concilier la nécessité d’attirer et de fidéliser les meilleurs talents avec les critiques récurrentes sur des rémunérations jugées excessives.
Glass Lewis, un autre influent cabinet de conseil en vote, a lui aussi recommandé de rejeter la politique de rémunération des hauts dirigeants de Goldman.
Mardi, Goldman Sachs a renvoyé Reuters à sa déclaration antérieure formulée en réponse à Glass Lewis. La banque y affirmait que ces primes visaient à « retenir notre équipe de direction actuelle (…) et maintenir un solide plan de succession », dans un contexte de forte concurrence sur le marché des talents.
Des conseils loin de la réalité ?
Selon le Financial Times, Apollo Global Management aurait approché John Waldron l’an dernier pour lui proposer un poste assorti d’un package de rémunération pouvant atteindre 500 millions de dollars sur quelques années.
Les tensions entre cabinets de conseil en vote et grandes banques sur les questions de gouvernance se sont intensifiées ces dernières années. L’an dernier, plusieurs de ces cabinets avaient recommandé à JPMorgan Chase et Bank of America de dissocier les fonctions de président et de directeur général, une pratique répandue dans de nombreux établissements.
Jamie Dimon, PDG de JPMorgan, a de son côté affirmé que les cabinets de conseil exerçaient souvent une influence excessive.
Depuis leur arrivée aux postes de direction en 2018, les actions de Goldman Sachs ont progressé de près de 144 %. Pour autant, le groupe a perdu environ 19% depuis le record de son cours le 18 février.


















