Porté par ces résultats positifs, le groupe a annoncé une nouvelle politique de dividende à hauteur de 100 % du capital social, soit un dividende historique de plus de 8,8 milliards AED proposé pour 2024, correspondant à un rendement de 7,7 %.

Fondée en 1997 et cotée au Dubai Financial Market, Emaar Properties est un acteur mondial majeur de la promotion immobilière et des projets de style de vie haut de gamme. Avec un portefeuille foncier d'environ 1,7 milliard de pieds carrés aux EAU et sur des marchés internationaux clés, l'entreprise bénéficie d'une forte présence au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Asie.

Par ailleurs, la société dispose d'un modèle économique durable, s'appuyant sur des actifs récurrents générateurs de revenus, représentant environ 1,4 million de mètres carrés de surfaces locatives, ainsi que 38 hôtels et resorts totalisant environ 9 200 clés. Au global, le développement aux EAU a représenté environ 66 % du mix des ventes de l'exercice 2024, suivi de 8 % pour l'international et 26 % pour les centres commerciaux, l'hôtellerie, le divertissement et autres activités.

L'entreprise s'est taillé une place de choix sur la scène immobilière mondiale grâce à la réalisation de quelques-unes des architectures les plus emblématiques du monde, dont le Burj Khalifa, plus haute tour du monde ; le Dubai Mall, lieu le plus visité au monde en 2023 et 2024 ; et The Dubai Fountain, la plus haute fontaine musicale chorégraphiée au monde.

Forte dynamique dans le développement aux EAU

L'entreprise jouit d'une présence dominante à Dubaï, l'une des destinations les plus prisées au monde. Elle a confirmé sa position sur le marché des EAU, avec des ventes de développement atteignant 65,4 milliards AED en 2024, soit un taux de croissance annuel composé (TCAC) robuste de 34,6 % sur les cinq dernières années. Par ailleurs, Emaar cherche à reproduire ce succès sur des marchés internationaux clés, ayant déjà vendu plus de 50 100 unités depuis 2002. Emaar déploie des projets majeurs en Égypte, Turquie, Pakistan et Inde.

Emaar met l'accent sur la création de valeur à long terme grâce à des développements intégrés autour d'actifs et d'attractions emblématiques, tels que le Dubai Mall, avec 4,9 millions de pieds carrés de surface locative brute (GLA) et un taux d'occupation de 99,7 %, accueillant plus de 240 nouvelles boutiques de luxe et points de restauration. Outre la gestion de centres commerciaux, qui assure une croissance stable des revenus locatifs, le chiffre d'affaires du groupe est soutenu par un portefeuille d'activités récurrentes stables dans l'hôtellerie, le divertissement, la location et autres secteurs.

Niveaux de marge solides face à la concurrence

Le chiffre d'affaires a suivi une trajectoire ascendante soutenue depuis 2015, enregistrant un TCAC de 11,7 % sur neuf ans, pour atteindre 35,5 milliards AED en 2024. Cette croissance est portée par l'appétit croissant des consommateurs pour des modes de vie premium et le luxe. Le modèle économique durable et la diversification des sources de revenus soutiennent également l'expansion du chiffre d'affaires. L'efficacité opérationnelle a permis à l'EBITDA de progresser plus vite que les ventes, affichant un TCAC de 15,5 % pour atteindre 19,3 milliards AED et une marge impressionnante de 54,4 %. Le résultat net a ainsi bondi sur un TCAC de 16 %, à 17,4 milliards AED en 2024, avec une marge de 49 %.

Sur la même période, la position de trésorerie s'est renforcée de plus de 2,3 fois pour atteindre 19,5 milliards AED à la fin 2024, contre 8,5 milliards AED à la fin 2015, grâce à des levées de capitaux régulières par émission de dette et à la solidité des résultats. Néanmoins, l'entreprise a aussi donné la priorité au remboursement de la dette, ramenant le ratio dette/fonds propres à 10,9 % fin 2024, contre 37,6 % fin 2019.

À titre de comparaison, son concurrent local, Aldar, a enregistré un TCAC de chiffre d'affaires de 19,6 % entre 2015 et 2024, atteignant 23 milliards AED. Toutefois, l'EBITDA d'Aldar a progressé dans la même proportion qu'Emaar, avec un TCAC de 15,2 % pour atteindre 6,5 milliards AED en 2024, mais avec une contraction de marge de 11,4 %, à 28 %. Le résultat net a progressé à un rythme plus modéré de 9,2 % pour s'établir à 5,6 milliards AED.

Niveaux de valorisation attractifs

L'action de la société a affiché un rendement solide d'environ 59,4 % sur l'année écoulée, illustrant la dynamique positive de la période. En comparaison, son concurrent local Aldar a enregistré un rendement légèrement inférieur de 50 %.

Emaar se négocie actuellement sur un PER de 8x, sur la base d'un bénéfice par action estimé de 1,6 AED pour 2025, soit moins que son concurrent Aldar à 9x, mais au-dessus de sa moyenne historique sur 10 ans de 7,8x.

En termes de valeur d'entreprise/EBITDA, la société se traite à 3,6x sur la base d'un EBITDA estimé à 20,3 milliards AED pour 2025, en deçà de sa moyenne historique sur 10 ans de 5,9x et de celle d'Aldar, à 7,3x. De plus, l'entreprise se négocie avec une forte décote de 47 % par rapport à sa NAV de 213 milliards AED à fin 2024.

Emaar est appréciée par 11 analystes, tous émettant une recommandation « Achat » pour un objectif moyen de 15,7 AED, soit un potentiel de hausse de 14,7 %. Ces avis sont confortés par une croissance annuelle moyenne de l'EBITDA attendue à 7,7 % entre 2024 et 2027, pour atteindre 24,1 milliards AED, avec une marge de 47,6 % en 2027. Les analystes anticipent également un TCAC du résultat net de 3 % à 14,8 milliards AED avec une marge de 29,1 % en 2027, et un BPA passant de 1,5 AED en 2024 à 2 AED en 2027. De même, ils prévoient un TCAC EBITDA de 22,6 % et un TCAC du résultat net de 15,7 % pour Aldar.

Dans l'ensemble, Emaar Properties semble bien positionnée pour poursuivre sa trajectoire positive à long terme, soutenue par un carnet de commandes solide, une expertise dans la réalisation d'édifices architecturaux emblématiques et une demande robuste pour les projets de luxe aux EAU et à l'international. Par ailleurs, la solidité des fondamentaux et un bilan sain offrent des perspectives encourageantes pour poursuivre la croissance, portée par une part stable de revenus récurrents. Toutefois, le groupe reste exposé à certains risques, notamment ceux liés au paiement des loyers, au développement, ainsi qu'aux réglementations et à la conformité.