CrowdStrike a annoncé mardi des prévisions de chiffre d’affaires inférieures aux attentes pour le deuxième trimestre, signalant un ralentissement des dépenses gouvernementales et des entreprises en matière de cybersécurité. À la suite de cette annonce, l’action du groupe a chuté de 5,7% dans les échanges après la clôture.

Malgré une menace cyber accrue et la recrudescence des attaques par rançongiciel, la demande en solutions de sécurité pâtit du contexte économique tendu. La hausse persistante des taux d’intérêt et une inflation tenace ont conduit de nombreux clients à restreindre leurs budgets technologiques, affectant la croissance de sociétés comme CrowdStrike.

En avril, le courtier William Blair avait déjà averti que les mesures de réduction des coûts de l’agence fédérale en charge de l’efficacité gouvernementale pourraient peser sur les perspectives du secteur en 2025. Le cabinet évoquait un environnement contractuel plus difficile à tous les niveaux de l’administration américaine. Tarifs douaniers et incertitudes macroéconomiques devraient également influencer les décisions d’investissement des clients.

CrowdStrike doit par ailleurs faire face à une concurrence soutenue, notamment de la part de Palo Alto Networks et Fortinet.

Mais Joseph Gallo, analyste en charge du dossier chez Jefferies, reste confiant : “malgré une légère déception concernant la croissance de du revenu récurrent annuel et du revenu net des activités ordinaires, nous sommes confiants dans la position de marché de CrowdStrike, qui devrait entraîner une accélération du nouveau revenu récurrent annuel net au second semestre 2026. Nous prévoyons une croissance de 22 % du RNB en glissement annuel pour l'exercice 2026 et pensons que la hausse reste possible.”

Lors de sa conférence téléphonique post-résultats, la société a précisé que son flux de trésorerie libre au deuxième trimestre serait grevé d’environ 29 millions de dollars, en raison d’une panne et des coûts associés.

Sur les trois premiers mois de l’exercice, CrowdStrike a généré un chiffre d’affaires de 1,10 milliard de dollars, en ligne avec les attentes des analystes sondés par LSEG. Son bénéfice ajusté s’est établi à 73 cents par action, contre 79 cents un an plus tôt.

Pour le deuxième trimestre, l’entreprise anticipe un chiffre d’affaires compris entre 1,14 et 1,15 milliard de dollars, là où le consensus tablait sur 1,16 milliard.

Le conseil d’administration a par ailleurs approuvé mardi un programme de rachat d’actions pouvant aller jusqu’à 1 milliard de dollars.