Dans un marché très fragmenté, le groupe a été malmené ces dernières années. Après une croissance fulgurante en fin de décennie, le géant européen de la vente en ligne a subi l’essor d’Amazon, l’avènement de Vinted et ensuite la percée de Shein sur le marché européen. 

Parts de marché des grands acteurs de la mode en ligne en Europe ( Source : Bloomberg )

Zalando vise malgré tout 13% de part de marché d’ici fin 2025, objectif soutenu par le rachat de la plateforme allemande AboutYou.

Sur le trimestre, le volume brut de marchandises progresse de 5% à 4,1 milliards d’euros, le chiffre d’affaires de 7,3% à 2,8 milliards. Les clients actifs sont plus nombreux (+6,1%), dépensent davantage (+1,2% du panier moyen) et plus souvent, mais la croissance reste modérée.

AboutYou, un pari coûteux

En mars, les analystes de Zonebourse avaient évoqué un plafond de verre pour la croissance de la plateforme. 

Pour relancer la machine, Zalando a finalisé le rachat d’AboutYou, concurrent national orienté vers une clientèle plus jeune. L’opération, payée 1,13 milliard d’euros a été financée grâce à une belle malle de cash de plus de 2 milliards. Les moyens sont là, mais l’offre reste agressive, elle s’est conclue avec une prime de 107% sur le cours moyen des trois mois précédent l’opération, selon Bloomberg. Un prix élevé pour une société qui ne devrait pas trouver le chemin de la rentabilité avant 2026. L'opération ne deviendra pas relutive de si tôt, le plein effet est attendu en 2028.

Avec AboutYou intégré dans ses prévisions, Zalando table sur une hausse du chiffre d’affaires de 14 à 17% en 2025. Mais pour Zalando seul, cela revient à viser 4 à 7% de croissance, contre 4 à 9% annoncés plus tôt. Le groupe anticipe aussi une hausse de 12 à 15% du volume de marchandise vendu.

La clé pour comprendre la performance du début de séance est dans les prévisions publiées par Zalando. A peine intégré, Zalando publie pour la première fois ses ambitions de croissance avec AboutYou. Il faut les comprendre, les investisseurs n’avaient sûrement pas entendu parler de croissance à deux chiffres et de gains de parts de marché depuis quelques années. De quoi rappeler les jours fastes du titre, mais le retour sur terre fut rapide.  

Les analystes pointent des remises plus importantes qui pèsent sur les marges, des stocks encore élevés et des prévisions plus prudentes. D’autant que des stocks élevés n’iront certainement pas dans le sens d’une amélioration des marges.

Les perspectives de croissance à deux chiffres ont brièvement séduit, avant que les investisseurs ne reviennent à une lecture plus mesurée.