Le président américain Donald Trump a déclaré dimanche qu'il demanderait au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de ne pas répliquer après les tirs de missiles iraniens contre des cibles israéliennes, menés en réponse à une attaque dans la banlieue de Beyrouth, rapporte le média Axios.

L'Iran soutient depuis longtemps que tout accord de paix avec les États-Unis dépendrait d'un cessez-le-feu au Liban, pays envahi par Israél en mars dernier pour traquer les combattants du Hezbollah soutenus par Téhéran, qui tiraient des roquettes et des drones de l'autre côté de la frontière en signe de solidarité.

Toutefois, Israél a lancé dimanche des frappes dans la région de Beyrouth pour la première fois depuis l'annonce par les États-Unis d'un plan de trêve pour le Liban la semaine dernière.

Les Gardiens de la révolution iraniens ont déclaré avoir visé la base aérienne de Ramat David, près de Nazareth. L'armée israélienne a confirmé avoir identifié des missiles lancés depuis l'Iran et précisé que ses systèmes de défense les avaient interceptés.

Donald Trump, qui passait le week-end dans son club de golf de Bedminster, dans le New Jersey, et Benjamin Netanyahu se sont entretenus par téléphone pendant un peu moins d'une demi-heure, a indiqué un responsable israélien sans donner plus de détails. La Maison Blanche et le bureau du Premier ministre israélien n'ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.

Plus tôt, Trump avait confié à Axios qu'il presserait Netanyahu de ne pas riposter.

'Israél a frappé et l'Iran a frappé. Nous n'avons pas besoin d'une nouvelle attaque', a déclaré Trump. 'Nous sommes très proches d'un accord final avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il capote à cause de ce qui se passe actuellement.'

Israél répliquera, a toutefois affirmé une source israélienne s'exprimant sous couvert d'anonymat auprès de Reuters après l'attaque iranienne.

Peu après minuit, heure locale, l'armée israélienne a publié un bref communiqué, citant le chef d'état-major Eyal Zamir, affirmant que ses forces n'avaient pas encore reçu l'ordre d'attaquer l'Iran, mais qu'elles le feraient 'avec détermination' une fois l'ordre donné.

Depuis le début des pourparlers américano-iraniens visant à mettre fin aux hostilités, Israél a poursuivi ses attaques au Liban dans le cadre d'un conflit avec le Hezbollah qui, selon les responsables israéliens, doit être traité séparément de tout cessez-le-feu avec l'Iran. Téhéran exige qu'un accord de paix avec les États-Unis inclue le Liban, avertissant que les attaques israéliennes mettaient en péril les négociations.

Le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammed Baqer Qalibaf, a déclaré que les bases américaines et les actifs israéliens constituaient des cibles légitimes en raison d'actes hostiles, notamment la 'violation des accords sur le Liban'.

Avant dimanche, l'Iran n'avait pas visé Israél depuis le début d'un cessez-le-feu global en avril, bien que le Hezbollah l'ait fait.

Trump a répété à plusieurs reprises que Washington et Téhéran étaient proches d'un accord pour mettre fin à la guerre.

'Nous sommes très proches d'un accord, sinon je vais les pulvériser', a déclaré Trump lors d'un entretien préenregistré pour l'émission 'Meet the Press' de NBC News, diffusé dimanche pour marquer les 100 jours du conflit.

TRUMP EXIGE L'ARRÊT DES ATTAQUES AU LIBAN

Trump a fait pression sur Israél pour qu'il cesse ses attaques au Liban afin de laisser place à un accord de paix avec l'Iran, allant jusqu'à tancer Netanyahu avec des termes crus lors d'un appel téléphonique la semaine dernière. Après cet appel, Netanyahu semblait avoir abandonné ses projets de frappes sur Beyrouth.

Mais Israél n'a jamais totalement interrompu sa campagne au Liban, qui a fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. Le Hezbollah, qui n'a pas participé aux pourparlers de trêve, a également poursuivi ses attaques et affirme qu'il ne déposera pas les armes tant qu'Israél ne cessera pas ses assauts et ne se retirera pas du Liban.

Netanyahu a déclaré que les frappes israéliennes de dimanche sur la banlieue sud de Beyrouth, le quartier de la Dahiyeh connu pour être un bastion du Hezbollah, avaient été ordonnées en réponse aux tirs du mouvement chiite vers Israél.

Le conflit global est dans l'impasse depuis que les États-Unis et Israél ont suspendu leurs attaques contre l'Iran début avril, Téhéran bloquant la majeure partie du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, principale voie de transit du pétrole au Moyen-Orient. Washington a imposé son propre blocus des ports iraniens.

Bien que Washington et Téhéran se disent proches d'un accord préliminaire pour réouvrir le détroit, les échanges de tirs se sont multipliés ces derniers jours, avec des escalades incluant des attaques contre des États arabes voisins abritant des bases américaines.

Trump a affirmé que tout accord visant à mettre fin à la guerre devait empêcher l'Iran de développer l'arme nucléaire. Il est sous pression pour obtenir des conditions plus strictes que celles convenues en 2015 sous la présidence de Barack Obama, accord que Trump avait ensuite dénoncé.

Les exigences de Téhéran incluent la levée des sanctions américaines et internationales, la reconnaissance de son influence sur le détroit et le dégel de milliards de dollars d'actifs.

Une source proche des projets américains a déclaré samedi à Reuters que Washington pourrait mettre des actifs iraniens à la disposition des voisins du Golfe pour réparer les dommages causés par l'Iran.

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a déclaré dimanche qu'un tel détournement d'actifs iraniens serait illégal et que Téhéran prendrait des mesures de rétorsion.

Netanyahu a été critiqué la semaine dernière par ses rivaux politiques au sujet d'un nouveau cessez-le-feu au Liban, à l'approche des élections nationales de cette année.