Le négociant en matières premières Vitol devrait charger ce week-end la première cargaison de naphta des États-Unis à destination du Venezuela, dans le cadre d'un nouvel accord d'approvisionnement annoncé il y a seulement quelques jours par le président Donald Trump, ont indiqué samedi à Reuters deux sources proches du dossier.
Le flux de naphta, utilisé comme diluant pour fluidifier le pétrole lourd vénézuélien et en faciliter le transport et le raffinage, marquerait une étape clé dans les efforts visant à relancer la production dans ce pays d'Amérique du Sud, alors que l'administration Trump se concentre sur la revitalisation de l'industrie pétrolière locale après avoir évincé le président Nicolas Maduro du pouvoir la semaine dernière.
La compagnie pétrolière nationale PDVSA avait réduit sa production ces derniers jours, après qu'un blocus naval américain de plusieurs mois a freiné ses expéditions et l'a contrainte à stocker du pétrole sur des navires, les réservoirs terrestres étant saturés.
Vitol et son concurrent Trafigura ont signé des accords avec le gouvernement américain afin d'aider à commercialiser le pétrole vénézuélien bloqué, ont confirmé les sociétés vendredi, quelques jours après que le gouvernement provisoire à Caracas a accepté d'exporter jusqu'à 50 millions de barils de brut vers les États-Unis.
Avec la reprise attendue des exportations de pétrole vénézuélien, les négociants en matières premières, ainsi que le groupe pétroliér Chevron, se sont mis à s'approvisionner en naphta pour l'envoyer au Venezuela et contribuer à relancer la production de brut dans le pays, ont indiqué les sources à Reuters.
Selon ces dernières, Vitol a affrété le navire Hellespont Protector pour charger environ 460 000 barils de naphta à Houston. Le navire cherche actuellement un créneau pour charger la marchandise ce week-end et devrait la livrer au Venezuela d'ici la semaine prochaine, ont-elles ajouté.
Les sources ont demandé l'anonymat en raison du caractère confidentiel des informations. Vitol a refusé de commenter.
Vitol et d'autres fournissaient déjà des diluants au Venezuela jusqu'à ce que le gouvernement américain commence, dès le début de l'année dernière, à annuler les licences dans le cadre d'un changement de politique envers le pays.
L'importation de diluants en provenance de Russie avait permis au Venezuela de compenser les volumes auparavant reçus des États-Unis après ces annulations, et Washington pourrait désormais récupérer cette part au détriment de la Russie, a indiqué Rory Johnston, analyste chez Commodity Context.
« Le total des importations de diluants au Venezuela est resté assez stable au cours de l'année écoulée, et si la situation actuelle coupe l'approvisionnement en naphta russe, les États-Unis devront le remplacer au plus vite pour éviter de nouveaux arrêts de production en amont », a précisé Johnston.

















