L'italien UniCredit a sécurisé 47,6 % du capital de l'allemand Commerzbank après la clôture, ce mois-ci, d'une offre de rachat mouvementée.

À l'instar d'autres établissements bancaires, Commerzbank a connu une histoire tourmentée en matière de fusions et acquisitions au fil des ans, marquée notamment par les convoitises de longue date d'UniCredit.

Voici les grandes étapes de ce dossier :

De 1870 aux années 1970

Fondée à Hambourg, puis transférée à Berlin, la banque s'installe à Francfort en 1970. Elle s'impose comme l'un des leaders bancaires en Allemagne, ciblant les particuliers et les entreprises.

Années 1970

Expansion internationale avec des ouvertures à New York, Londres et dans d'autres capitales européennes.

2008

Accord pour le rachat de Dresdner Bank, l'une des plus grandes banques d'Allemagne, auprès de l'assureur Allianz pour un montant de 14,5 milliards de dollars.

Commerzbank devient la première banque commerciale à solliciter l'aide de l'État fédéral allemand pour renforcer ses fonds propres durant la crise financière mondiale.

2009

Dans le cadre du plan de sauvetage, l'Allemagne prend une participation de 25 % plus une action dans Commerzbank, en échange d'une injection de capital supplémentaire de 10 milliards d'euros (11,4 milliards de dollars).

2016

Commerzbank s'engage dans une restructuration pluriannuelle.

2017

L'investisseur américain Cerberus constitue une participation de 5 % des droits de vote de Commerzbank. UniCredit informe Berlin de son intérêt pour une éventuelle fusion avec Commerzbank afin de créer l'un des plus grands groupes bancaires d'Europe.

2018

Commerzbank sort du DAX, l'indice phare de la Bourse de Francfort.

2019

Cerberus se dit ouvert à une fusion entre Deutsche Bank et Commerzbank. Les deux institutions entament des discussions, mais y mettent fin quelques semaines plus tard.

UniCredit mandate des banques d'affaires pour le conseiller sur une offre potentielle. Parallèlement, le conseil de surveillance de Commerzbank approuve la suppression de milliers de postes et la fermeture d'un cinquième de ses agences.

2020

Revirement stratégique : Commerzbank renonce à la vente de sa filiale polonaise mBank, invoquant des conditions de marché défavorables.

Le président et le président du directoire de Commerzbank démissionnent, cédant aux exigences de Cerberus.

2021

Le nouveau président du directoire, Manfred Knof, prévoit de supprimer 10 000 emplois et de fermer des centaines d'agences dans le cadre d'une réorganisation. Il affirme que Commerzbank s'efforce de préserver son indépendance.

2022-2023

Selon Reuters, Andrea Orcel, administrateur délégué d'UniCredit, approche Manfred Knof début 2022, avant le début de la guerre en Ukraine, pour discuter d'un rapprochement. Entre-temps, Commerzbank renoue avec les bénéfices et réintègre le DAX.

2024

11 septembre - UniCredit approche Commerzbank pour explorer des discussions de fusion, selon une source proche du dossier, après que la banque italienne a acquis une participation de 9 %. La direction de Commerzbank étudie les moyens de rester indépendante.

13 septembre - Des représentants du gouvernement allemand et des banquiers d'UniCredit tiennent des discussions, rapporte Reuters.

16 septembre - Manfred Knof rejette les avances d'UniCredit, déclarant qu'il suit ses propres plans et espère que la banque pourra rester indépendante.

20 septembre - L'Allemagne annonce qu'elle ne vendra plus d'actions Commerzbank pour le moment.

23 septembre - Le chancelier allemand Olaf Scholz qualifie la montée d'UniCredit à 21 % du capital d'« attaque inamicale ».

24 septembre - Commerzbank annonce que Bettina Orlopp deviendra présidente du directoire.

1er octobre - Pour son premier jour en fonction, Bettina Orlopp déclare aux salariés qu'elle souhaite que Commerzbank reste indépendante.

18 décembre - UniCredit annonce l'augmentation de sa participation à environ 28 % via des instruments dérivés.

2025

31 janvier - Commerzbank publie un bénéfice net en hausse de 20 % pour 2024, dans un rapport financier diffusé près de deux semaines avant la date prévue.

13 février - Commerzbank prévoit de supprimer 3 900 postes, principalement en Allemagne, pour atteindre des objectifs de rentabilité plus ambitieux.

14 mars - Commerzbank prend acte de l'autorisation de la Banque centrale européenne (BCE) concernant la montée au capital d'UniCredit, mais reste concentrée sur sa stratégie.

2026

16 mars - UniCredit lance une offre non sollicitée pour porter sa participation au-delà de 30 %. Commerzbank, le gouvernement allemand et un syndicat majeur expriment leurs réserves.

7 avril - Les discussions éphémères entre les deux banques échouent.

5 mai - UniCredit lance officiellement son offre.

8 mai - Commerzbank actualise sa stratégie lors de la publication de ses résultats.

18 mai - Commerzbank rejette formellement l'offre d'UniCredit.

4 juin - Commerzbank fait part de ses inquiétudes au régulateur allemand concernant les informations publiées par UniCredit sur sa montée au capital.

16 juin - L'Allemagne, actionnaire de Commerzbank, rejette officiellement l'offre d'UniCredit.

8 juillet - UniCredit annonce avoir sécurisé 47,6 % des actions de Commerzbank.

(1 $ = 0,8752 euro)