Depuis le 12 mai, Trump affirme avoir consulté les grands noms de l'industrie. Il dénonce des laboratoires qui se rejettent la faute, ou qui cherchent à obtenir des changements de politiques en leur faveur.
Selon Karoline Leavitt, les données les plus récentes confirment que les Américains paient jusqu’à trois fois plus cher leurs médicaments que les habitants d’autres pays développés. Une étude de la Rand Corporation estime que les prix y sont en moyenne 2,5 fois supérieurs à ceux pratiqués en France.
Dans sa lettre, il réclame quatre mesures concrètes aux géants du secteur (lettre en fin d’article) :
- Étendre les tarifs de la "nation la plus favorisée" (Most Favored Nation) au programme Medicaid ;
- Appliquer ces prix à tous les nouveaux médicaments ;
- Réinvestir dans le système américain les gains réalisés à l’étranger ;
- Autoriser l’achat direct de médicaments au tarif MFN.
Pour Donald Trump, ce concept de "nation la plus favorisée" signifie que les prix aux Etats-Unis doivent s’aligner sur les plus bas constatés dans les pays développés. Il accuse ces derniers de profiter de l’innovation américaine sans en assumer le coût. Avec Donald Trump, on en revient souvent au fait que les Etats-Unis paient pour le reste du monde, une sorte de ligne directrice de sa politique.
17 groupes ciblés
Les marchés sont déjà mal orientés ce jour, mais la pharma se distingue d'un rouge vif sur les écrans. Les 17 groupes concernés : Eli Lilly, AbbVie, Boehringer Ingelheim, Bristol Myers Squibb, Novartis, Gilead Sciences, EMD Serono, Pfizer, Novo Nordisk, AstraZeneca, Amgen, Genentech, Johnson & Johnson, GSK, Merck, Regeneron Pharmaceuticals et Sanofi.
Les laboratoires européens sont également dans l’incertitude concernant l’accord commercial avec l’Union européenne. Leur secteur reste exclu de l’accord commercial signé par Washington et toujours visé par une enquête qui relève de la section 232.
Malgré le choc en bourse, les analystes relativisent. Pour Trung Huynh, analyste chez UBS, ces lettres ne sont qu’une nouvelle salve sans portée réelle : "Juste un coup d'épée dans l'eau", estime-t-il.
Des obstacles juridiques persistent en effet. Les décrets présidentiels n’ont pas autorité absolue sur Medicaid, un programme fédéral. Trump avait déjà tenté de pousser l’industrie à des concessions volontaires, certains groupes avaient promis de relocaliser une partie de leur production aux Etats-Unis.
Stacie Dusetzina, professeure de politiques de santé à l’université Vanderbilt, pense néanmoins que certains laboratoires pourraient proposer certains produits en vente directe à un prix inférieur à celui actuellement pratiqué via les distributeurs.
En attendant, l’impact boursier est bien réel. L’indice Bloomberg des biotechs/pharmas européennes laisse 1,7% au marché et l’indice S&P 500 du secteur pharmaceutique 2,7%. Novo Nordisk, quant à lui, quitte le top 10 des plus grosses capitalisations européennes et touche un plus bas de quatre ans.
Aucune valeur ne passe entre les gouttes, même UCB par exemple, qui n’a pas reçu de lettre et qui a publié de bons résultats voit 4% s’envoler de son cours.

lettre envoyée le 31 juillet par le Président Donald Trump au PDG d'Eli Lilly ( Source : Truth Social ; compte présidentiel )























