Dans ma chronique du jour, je me penche sur le rallye quasi furtif des petites capitalisations cette année. Alors que les gros titres se sont focalisés sur les 'hyperscalers' et les géants de la Big Tech, les véritables gagnants de la frénésie de l'IA ont en réalité été les valeurs technologiques à petite capitalisation.
Si vous disposez de plus de temps, voici quelques articles recommandés pour décrypter l'actualité des marchés aujourd'hui.
1. La frénésie de l'IA alimente aussi les pressions inflationnistes : Mike Dolan
2. L'administration Trump va demander aux sociétés d'IA américaines de soumettre volontairement leurs modèles à des tests de cybersécurité
3. Comment une impulsion de Nvidia a propulsé la sobre Micron dans le boom de l'IA et vers une capitalisation de 1 000 milliards de dollars
4. Le bond de l'inflation en zone euro renforce l'hypothèse d'une hausse des taux en juin
5. La Chine devrait puiser davantage dans ses stocks de pétrole alors que les importations touchent un plus bas de dix ans
Principaux mouvements du marché ce jour
o ACTIONS : Le MSCI All Country, le MSCI Asia ex-Japan, le MSCI Emerging et le S&P 500 ont tous atteint des sommets historiques. L'Europe gagne 0,8% grâce à l'optimisme technologique, les cycliques tirent le Royaume-Uni de 0,3%.
o SECTEURS/VALEURS : Sept secteurs du S&P 500 progressent, quatre reculent. Les services collectifs (Utilities) gagnent 2%, les services de communication perdent 2,6%. Marvell Technologies +32%, Hewlett Packard +20%, Super Micro Computer +7%, Alphabet -4%, Microsoft -4%, Dell -7%. Boeing -3%
o CHANGES : L'USD/JPY frôle les 160, les traders sont en alerte face à une possible intervention du Japon. Le Bitcoin chute de 6% vers les 66 000 dollars.
o OBLIGATIONS : Le rendement du JGB à 10 ans perd 11 points de base après une adjudication solide, sa plus forte baisse depuis avril dernier. Le rythme de la réduction des achats de la BOJ est également surveillé. Les rendements américains perdent 3 points de base sur la partie longue de la courbe.
o MATIÈRES PREMIÈRES/MÉTAUX : Le pétrole gagne 1%, l'or reste stable.
Les points clés du jour
* L'annonce surprise d'Alphabet
Alphabet, la maison mère de Google, a stupéfié les investisseurs lundi soir en annonçant une levée de fonds propres de 80 milliards de dollars, dont 10 milliards proviendront de Berkshire Hathaway. À bien des égards, cela fait sens : la dette devient plus coûteuse, il y a une facture massive d'investissements (capex) en IA à financer, et 80 milliards ne représentent qu'une fraction d'une capitalisation boursière de 4 500 milliards de dollars. Alors, pourquoi s'en priver ?
L'inquiétude ne porte pas tant sur les montants engagés que sur la trajectoire. Fin mars, Google disposait de 126 milliards de dollars de trésorerie, mais ses dépenses d'investissement en IA s'approcheront des 200 milliards cette année. Le groupe a déjà émis plus de 85 milliards de dollars de dette au cours de l'année écoulée, et procède désormais à cette augmentation de capital.
* Un choc inattendu sur l'emploi (JOLTS)
Les données 'JOLTS' publiées mardi aux États-Unis ont montré que les ouvertures de postes en avril ont atteint leur plus haut niveau en deux ans. Cette augmentation est la plus rapide observée en cinq ans. La demande de main-d'oeuvre est manifeste et, pour l'instant du moins, très peu d'éléments suggèrent que l'IA détruit des emplois. Mais le marché du travail est-il aussi tendu qu'il n'y paraît ?
Peut-être pas. Près de 90% des ouvertures de postes étaient concentrées dans un seul secteur : les services professionnels et aux entreprises. Le taux d'embauche, les licenciements et les démissions ont également diminué, signe d'un marché qui stagne plutôt qu'il ne bouillonne. Comme toujours, ces chiffres offrent des arguments pour chaque camp, alors que les regards se tournent vers le rapport sur l'emploi de mai attendu vendredi.
* La hausse de la BCE en juin est actée
L'inflation en zone euro a dépassé les 3% pour la première fois depuis septembre 2023, selon les chiffres de mardi, ce qui scelle virtuellement une hausse de taux de 25 points de base de la part de la BCE la semaine prochaine. Les traders anticipent désormais un resserrement supplémentaire de 50 points de base d'ici la fin de l'année.
Si la BCE agit effectivement la semaine prochaine, elle rejoindra les banques centrales du G10 d'Australie et de Norvèse dans le cycle de hausse des taux, ainsi qu'un nombre croissant d'autorités dans les économies émergentes. La Banque du Japon est également attendue sur un resserrement la semaine prochaine. Combien de temps faudra-t-il avant que les marchés n'intègrent pleinement une hausse des taux de la part d'une Fed devenue 'faucon' ?
Qu'est-ce qui pourrait faire bouger les marchés demain ?
o Évolution de la situation au Moyen-Orient
o Indices PMI pour les États-Unis, la Chine, le Japon, la zone euro, le Royaume-Uni et d'autres (mai)
o Intervention de Paul Conway, économiste en chef de la Banque de réserve de Nouvelle-Zélande
o PIB de l'Australie (T1)
o Intervention de Kazuo Ueda, gouverneur de la Banque du Japon
o Interventions prévues de responsables de la Banque centrale européenne, dont Frank Elderson et Piero Cipollone, membres du directoire
o Emploi privé ADP aux États-Unis (mai)
o ISM des services aux États-Unis (mai)
o Commandes industrielles aux États-Unis (avril)
o Interventions prévues de responsables de la Réserve fédérale, dont le gouverneur Michael Barr et la présidente de la Fed de Dallas, Lorie Logan
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