Le géant pétrolier Saudi Aramco publiera ses résultats dans un contexte de fragilité persistante, tandis que les indicateurs des grandes puissances économiques pourraient préciser les contours de l'impact économique du conflit au Moyen-Orient.
Voici tout ce qu'il faut savoir sur la semaine à venir sur les marchés financiers, par Gregor Stuart Hunter à Singapour, Yoruk Bahceli et Karin Strohecker à Londres, et Lewis Krauskopf à New York.
1/ TRUMP SE REND À PÉKIN Le président américain se rendra à Pékin les 14 et 15 mai, sa première visite en Chine en huit ans. Il tentera de consolider la trêve commerciale conclue en octobre en Corée du Sud et d'éviter une répétition de la guerre douanière de représailles qu'il avait déclenchée lors du 'Jour de la Libération' en avril 2025. La question de Taïwan pourrait également s'inviter lors de sa rencontre avec le président chinois Xi Jinping. Le contexte est loin d'être apaisé. Les exportations chinoises sont en plein essor, avec un excédent commercial fin 2025 avoisinant la taille de l'économie néerlandaise, tandis que l'activité manufacturière s'est redressée depuis le début de la guerre en Iran fin février, selon les enquêtes privées et officielles.
Les données commerciales attendues ce week-end devraient permettre de vérifier si le protectionnisme de la Maison Blanche a réussi à entamer l'appétit des Américains pour les produits 'made in China'.
2/ UNE SITUATION FRAGILE
Le premier exportateur mondial de brut, Saudi Aramco, publiera ses résultats du premier trimestre dimanche. Les chiffres devraient refléter les séquelles d'un conflit vieux de plus de deux mois qui a quasiment fermé le détroit d'Ormuz et entraîné l'endommagement ou la fermeture d'une vingtaine de raffineries dans la région, amputant les capacités de production de millions de barils et propulsant les cours du pétrole à la hausse. Les progrès pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient sont lents. Les affrontements entre les forces américaines et iraniennes dans le Golfe ces derniers jours menacent un cessez-le-feu vieux d'un mois et sapent les espoirs d'une issue diplomatique. Tout cela intervient alors que Washington attend une réponse de Téhéran à sa proposition de sortie de crise - une ébauche d'accord temporaire qui devrait laisser en suspens bon nombre des questions les plus litigieuses.
3/ POMPES ET PRIX
Une semaine riche en indicateurs devrait permettre de mieux évaluer dans quelle mesure la flambée des prix de l'énergie induite par la guerre alimente l'inflation dans la première économie mondiale - et si les consommateurs commencent à réduire leurs dépenses. L'indice des prix à la consommation (CPI) d'avril aux États-Unis, attendu mardi, devrait progresser de 0,6% après le bond de 0,9% en mars, soit la plus forte hausse en près de quatre ans, selon un sondage Reuters. Les prix à la pompe devraient peser lourdement dans ces chiffres. Les prix à la production pour avril, attendus mercredi, constitueront un autre test pour l'inflation, après que la dernière réunion de la Fed a révélé un virage plus 'faucon' chez certains responsables, de plus en plus inquiets des pressions sur les prix. Les chiffres des ventes au détail jeudi montreront si la hausse du carburant et des autres coûts commence à peser sur le budget des ménages.
4/ SOUFFRANCE EN ASIE
Les chiffres de la balance courante du Japon mercredi et les résultats des mégabankes nippones tout au long de la semaine permettront de prendre le pouls d'une économie très dépendante des exportations, alors que la guerre en Iran s'étire. Mardi, le compte rendu de la réunion d'avril de la Banque du Japon sera publié après que non pas une, mais trois voix dissidentes se sont fait entendre - offrant aux investisseurs un aperçu de la fragmentation du débat de politique monétaire. Les investisseurs obligataires scruteront également les adjudications de titres d'État japonais à 10 et 30 ans, un test pour la dette à long terme après les interventions officielles suspectées de Tokyo pour soutenir le yen ces quinze derniers jours. Enfin, le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent rencontrera le Premier ministre japonais, le gouverneur de la banque centrale et le ministre des Finances lors de sa visite au Japon dès lundi, avant de s'envoler pour la Chine.
5/ UNE QUESTION DE CROISSANCE Les investisseurs décortiqueront jeudi les données de croissance du Royaume-Uni pour le mois de mars afin d'y déceler les premiers signes officiels de l'ampleur des dégâts économiques causés par la guerre en Iran. Cette publication coïncide avec les chiffres du premier trimestre, bien que ceux-ci puissent s'avérer trompeurs après un mois de février dynamique. Le Royaume-Uni semble vulnérable. Le FMI lui a infligé la plus forte révision à la baisse de croissance parmi les grandes économies pour cette année, ramenant sa prévision de 1,3% à 0,8%. Les coûts d'emprunt ont bondi plus que partout ailleurs au sein du G7, sous l'effet de la répercussion des prix de l'énergie. Tout signe de ralentissement de la croissance tomberait à un moment politique délicat. Les élections locales ont porté un coup au Parti travailliste du Premier ministre Keir Starmer, soulevant des doutes sur son leadership. Les marchés surveilleront également les révisions de la deuxième estimation de la croissance de la zone euro pour le premier trimestre mercredi, initialement ressortie à un maigre 0,1%.




















