La Réserve fédérale (Fed) tient sa première réunion sous la direction de Kevin Warsh, Donald Trump doit rencontrer d'autres dirigeants mondiaux en France après avoir conclu un accord de paix cadre avec l'Iran, et une élection partielle dans le nord de l'Angleterre pourrait lancer la course à la succession du Premier ministre britannique.

D'autres réunions de banques centrales pourraient également accentuer la volatilité sur les marchés financiers, notamment au Japon, où les taux d'intérêt devraient atteindre 1 % pour la première fois en plus de trois décennies.

Voici les points clés à surveiller pour la semaine à venir sur les marchés financiers, par Lewis Krauskopf à New York, Rae Wee à Singapour, ainsi qu'Amanda Cooper, Marc Jones et Karin Strohecker à Londres.

1/ UN NOUVEAU PATRON À LA FED

Kevin Warsh préside cette semaine sa première réunion à la tête de la Réserve fédérale américaine, alors que les marchés intègrent de plus en plus la probabilité qu'une inflation persistante entraîne une nouvelle hausse des taux d'intérêt américains dans les mois à venir, plutôt qu'une baisse.

Aucun mouvement n'est attendu de la part de Warsh et de son équipe pour l'instant, mais toute l'attention du marché se portera sur le communiqué de politique monétaire de mercredi et sur la conférence de presse. Les investisseurs guetteront les signaux envoyés par le nouveau président, d'éventuels changements dans son style de communication ou de nouvelles idées sur le fonctionnement de la Fed.

Les responsables publieront également leurs projections économiques et de taux d'intérêt (dot plot) lors de cette réunion ; les traders chercheront à évaluer l'ampleur de la divergence des points de vue au sein du comité.

Les données de la semaine dernière ont montré que l'inflation à la consommation aux États-Unis a progressé en mai à son rythme le plus rapide en trois ans, après que la guerre avec l'Iran a provoqué une flambée des prix de l'énergie. Malgré cela, le président Donald Trump a réitéré son souhait de voir les taux d'intérêt baisser.

2/ SOMMET SOUS TENSION

Les guerres au Moyen-Orient et en Ukraine devraient dominer le sommet du Groupe des Sept (G7) la semaine prochaine à Évian-les-Bains, en France, d'autant plus que Donald Trump a conclu un accord de paix provisoire avec l'Iran ce week-end.

Après avoir déjà décalé les dates pour accommoder les projets d'anniversaire de Trump — un combat de MMA sur la pelouse de la Maison Blanche —, les officiels français, à l'instar d'autres hôtes récents, ont placé la barre assez bas. Ils suggèrent que le sommet sera un succès si Trump reste simplement jusqu'à la fin de l'événement, lui qui avait quitté prématurément l'édition 2025.

En raison de la situation au Moyen-Orient, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar et l'Égypte ont tous été invités, tout comme le président ukrainien Volodymyr Zelensky, alors que les Européens pressent Washington de maintenir son soutien à Kiev face à la Russie.

Les dirigeants aborderont également des questions plus larges telles que la sécurité économique, les déséquilibres mondiaux et la réduction de la dépendance vis-à-vis de la Chine pour les minerais critiques, bien que les résultats concrets risquent d'être limités.

3/ LE CLUB DU 1 %

La Banque du Japon (BoJ) se réunit également cette semaine. Les observateurs de marché s'attendent mardi à une hausse de taux de 25 points de base, attendue de longue date, qui porterait le taux directeur japonais à 1 % pour la première fois depuis 1995.

Ce mouvement ayant été largement anticipé, il est peu probable qu'il soutienne significativement un yen en difficulté. La devise reste ancrée dans une zone nécessitant une intervention après une nouvelle année difficile, et les analystes estiment qu'un rythme de resserrement beaucoup plus soutenu serait nécessaire pour que le yen en profite réellement.

Cela semble difficile à réaliser compte tenu de la prolongation du conflit au Moyen-Orient et de la prudence historique de la BoJ.

Pour ajouter aux difficultés, le gouverneur Kazuo Ueda sera absent en raison de son hospitalisation. Ce sera la première fois qu'un gouverneur de la BoJ manque une réunion de politique monétaire programmée depuis au moins 1998.

La banque centrale d'Australie sera également en session, bien qu'elle doive largement maintenir ses taux inchangés mardi, après les avoir déjà relevés à trois reprises cette année.

4/ TEMPS ORAGEUX AU ROYAUME-UNI

La semaine s'annonce chargée pour les marchés britanniques.

Une élection locale dans la banlieue de Manchester, dans le nord de l'Angleterre, pourrait faire émerger un sérieux prétendant au poste du Premier ministre Keir Starmer. Le leader travailliste fait face à une quasi-rébellion dans ses propres rangs et à un mécontentement record des électeurs concernant sa gestion de l'économie.

L'élection partielle du 18 juin dans la ville de Makerfield pourrait permettre au maire du Grand Manchester et candidat travailliste, Andy Burnham, de revenir à Westminster. De nombreux acteurs de marché estiment qu'il serait favorable à une politique budgétaire plus expansionniste que celle de Starmer.

Le Royaume-Uni dispose déjà d'une marge de manœuvre financière très réduite et les coûts d'emprunt sont extrêmement élevés. Une adjudication de Gilts (obligations d'État britanniques) à 10 ans le 16 juin pourrait servir de baromètre de l'appétit des investisseurs dans un contexte politique tendu.

Tout cela interviendra avant même la réunion de la Banque d'Angleterre (BoE) le 18 juin, où les taux devraient rester inchangés, et la publication de données allant de l'inflation aux dépenses de consommation.

5/ INQUIÉTUDES ÉMERGENTES

Si les pays importateurs d'énergie en Asie ont subi de plein fouet le choc lié au détroit d'Ormuz, l'Indonésie a été particulièrement touchée. Sa banque centrale sera donc sous les projecteurs avant sa décision sur les taux jeudi.

Un mélange toxique d'incertitude politique, d'inquiétudes sur la gouvernance et de dérapage budgétaire sous la présidence de Prabowo Subianto — s'ajoutant à un contexte mondial défavorable — a poussé la roupie à des niveaux historiquement bas et provoqué la fuite de milliards de dollars des marchés locaux.

Pris de court par la rapidité et l'ampleur de la chute, les décideurs ont réagi par une hausse surprise de 25 points de base la semaine dernière, accompagnée d'une intervention massive sur le marché des changes. Une nouvelle hausse semble désormais acquise, la question étant d'en déterminer l'ampleur.

Parallèlement, la banque centrale du Brésil se réunit mercredi. Les marchés hésitent encore entre une poursuite de la baisse des taux ou une pause face à l'accélération de l'inflation. Après deux baisses consécutives de 25 points de base en mars et avril, portant le taux Selic à 14,5 %, le cycle d'assouplissement devient plus complexe.