La société canadienne South Bow décidera d'ici la mi-2027 de donner ou non le coup d'envoi à son projet de relance partielle de l'oléoduc Keystone XL, a annoncé l'entreprise vendredi, précisant avoir obtenu les engagements de transport nécessaires pour faire avancer le dossier.

Baptisé 'Prairie Connector', ce projet d'oléoduc entre l'Alberta et le Wyoming, d'une capacité de 550 000 barils par jour, pourrait accroître les exportations de brut canadien vers les États-Unis de 12 %, offrant ainsi une capacité de transport supplémentaire cruciale pour le Canada.

South Bow, qui collabore avec son partenaire américain Bridger Pipeline sur cette proposition, a déclaré avoir sécurisé des contrats fermes de 20 ans auprès de compagnies pétrolières, à l'issue d'un processus lancé cette année pour évaluer l'intérêt commercial.

Reuters rapportait ce mois-ci, citant des sources proches du dossier, que South Bow était sur le point d'atteindre son objectif de 450 000 barils par jour, soit 80 % de la capacité initiale de l'oléoduc.

UN OLÉODUC PARTIELLEMENT ASSEMBLÉ AU CANADA

South Bow est issue d'une scission de TC Energy, l'ancien promoteur de Keystone XL, réalisée en 2024 pour reprendre ses activités de transport de pétrole.

Bien que le tracé américain de ce nouvel oléoduc diffère de celui du projet précédent, annulé en 2021 après la révocation du permis par l'ancien président Joe Biden, il utiliserait une partie des infrastructures de Keystone XL déjà assemblées du côté canadien de la frontière.

Le président américain Donald Trump a signé un décret accordant un permis transfrontalier à cette nouvelle proposition.

Toutefois, le PDG de South Bow, Bevin Wirzba, a déclaré jeudi que l'entreprise ne pourrait s'engager sans la preuve que ce permis est 'durable' et qu'il ne sera pas révoqué par une future administration.

Si le succès de la période de souscription constitue une étape majeure, un risque persiste concernant le permis américain, a souligné AJ O'Donnell, analyste chez TPH Energy.

'Sans la garantie qu'une nouvelle administration américaine ne révoquera pas les permis en 2029, comme l'a fait Biden avec KXL, le projet risque de rester au point mort', a précisé M. O'Donnell.

South Bow n'a pas officiellement communiqué le montant de l'investissement, mais les analystes d'ATB Capital Markets estiment qu'il pourrait s'elever à 2,2 milliards de dollars (3 milliards de dollars canadiens) et nécessiter deux à trois ans de travaux après la décision finale d'investissement.

Le Canada, quatrième fournisseur mondial de pétrole, produit actuellement 5,5 millions de barils par jour. Selon les prévisions, cette production pourrait atteindre 6,1 millions de barils par jour d'ici 2030.