(Alliance News) - Les places boursières londoniennes ont ouvert en ordre dispersé ce mardi, les investisseurs adoptant une approche prudente après l'essoufflement du bref rebond de lundi, alors que les marchés digèrent les incertitudes persistantes entourant l'accord entre les États-Unis et l'Iran et la réouverture du détroit d'Ormuz.

L'indice FTSE 100 a ouvert en légère hausse de 3,15 points à 10 433,77 points. Le FTSE 250 reculait de 64,54 points, soit 0,3 %, à 23 298,25 points, tandis que l'AIM All-Share perdait 1,18 point, soit 0,2 %, à 804,11 points.

Le Cboe UK 100 affichait une progression marginale à 1 036,39 points, le Cboe UK 250 cédait 0,4 % à 20 005,12 points, et le Cboe Small Companies était en léger repli à 18 592,71 points.

Sur les marchés européens ce mardi, le CAC 40 à Paris progressait de 0,1 %, tandis que le DAX 40 à Francfort gagnait 0,3 %.

L'optimisme matinal de lundi n'ayant pas réussi à se transformer en gains durables, le sentiment de marché est resté contenu.

Les investisseurs continuent d'évaluer la viabilité de l'accord intérimaire entre les États-Unis et l'Iran ainsi que les défis logistiques liés à la reprise du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz.

Des rapports suggèrent que l'administration Trump est prête à soutenir la création d'un fonds d'investissement de 300 milliards de dollars pour l'Iran si Téhéran accepte un règlement de paix définitif incluant un accord sur le nucléaire.

Un haut responsable américain a déclaré que Washington avait discuté d'un allègement des sanctions et d'un « fonds massif de 300 milliards de dollars pour reconstruire leur pays », avec des incitations liées au respect par l'Iran du protocole d'accord qui devrait être officiellement signé en Suisse ce vendredi.

Selon des sources proches des négociations, ce fonds serait conditionné à un règlement plus large, incluant une extension du cessez-le-feu de 60 jours, la réouverture du détroit d'Ormuz et de nouvelles négociations sur le programme nucléaire iranien.

Le baril de pétrole Brent s'échangeait à 81,98 dollars tôt mardi, contre 83,18 dollars lundi soir.

Le vice-président américain JD Vance a indiqué que le président Donald Trump pourrait choisir de publier les détails de l'accord préliminaire avant vendredi.

M. Vance a décrit le protocole d'accord comme un document « d'environ une page et demie » et « très général ». De hauts responsables américains ont également indiqué que le détroit d'Ormuz devrait rouvrir vendredi, le jour même où l'accord doit être signé à Genève.

La livre sterling s'échangeait à 1,3409 dollar tôt mardi, contre 1,3436 dollar à la clôture des bourses londoniennes lundi. Face à l'euro, la devise britannique a reculé à 1,1564 euro contre 1,1580 euro la veille.

L'euro s'échangeait à 1,1591 dollar mardi matin, contre 1,1604 dollar lundi soir. Face au yen, le dollar s'affichait à 160,32 yens, en hausse par rapport aux 160,18 yens précédents.

Les investisseurs surveillent également les développements du sommet du G7 en France, où le Premier ministre britannique Keir Starmer devrait presser ses alliés d'adopter des mesures plus fermes contre la Russie.

M. Starmer doit dévoiler un nouveau train de sanctions ciblant la « flotte fantôme » russe et les réseaux financiers utilisés pour contourner les restrictions existantes. Ces mesures viseront également les navires transportant du gaz naturel liquéfié (GNL) russe interdit, portant le nombre de navires de la flotte fantôme et de transporteurs de GNL sanctionnés à plus de 600.

Le secteur de la défense figurait parmi les plus performants en Europe. À Francfort, Rheinmetall a progressé de 3,6 %, tandis que Leonardo a gagné 1,7 % à Milan. À Paris, Thales et Safran ont progressé respectivement de 2,2 % et 1,6 %.

À Londres, BAE Systems a dominé le FTSE 100, suivi de Rolls-Royce (+2,2 %) et de Babcock International (+1,8 %).

Plus largement, les investisseurs britanniques restent dans l'attente des chiffres clés de l'inflation au Royaume-Uni mercredi et de la décision de politique monétaire de la Banque d'Angleterre jeudi.

Sur le FTSE 250, Rathbones a chuté de 17 % après avoir révélé les conclusions d'un audit indépendant (« skilled person review ») mené suite à des échanges avec la Financial Conduct Authority (FCA).

Le gestionnaire de fortune a déclaré que l'examen avait identifié des domaines nécessitant des améliorations dans ses activités de gestion de patrimoine au Royaume-Uni, notamment la mise en œuvre du « Consumer Duty » (devoir de protection des consommateurs) et certains aspects de la conformité et de la surveillance. Rathbones prévoit un programme de remédiation sur deux ans, une révision de certains dossiers clients et une suspension temporaire de l'intégration de nouveaux clients nécessitant une vigilance accrue.

Ces restrictions concernent environ 4 700 clients, soit environ 4 % de sa base de clientèle. Rathbones prévoit des coûts associés d'environ 60 millions de livres sterling, nets des remboursements d'assurance, au cours des deux prochaines années.

Par ailleurs, la société cessera de facturer des frais de gestion sur les liquidités détenues dans les portefeuilles discrétionnaires à partir du 1er juillet, ce qui réduira le bénéfice avant impôts sous-jacent de 2026 d'environ 9 millions de livres. Elle a maintenu sa politique de dividende et a annoncé que son programme de rachat d'actions de 20 millions de livres, précédemment annoncé, débuterait prochainement.

Frasers Group, propriétaire de Sports Direct, a reculé de 5,7 % après que RBC a abaissé sa recommandation sur le détaillant de « performance sectorielle » à « sous-performance », tout en relevant son objectif de cours à 750 pence. À l'inverse, le distributeur d'électroménager Currys a progressé de 1,9 % après que RBC a relevé son conseil de « performance sectorielle » à « surperformance » avec un objectif de cours porté à 180 pence.

Parmi les petites capitalisations, Gulf Marine Services a gagné 5,6 % après avoir annoncé que tous les navires temporairement évacués du Golfe en raison des tensions géopolitiques avaient repris du service sous leurs contrats existants.

La société a réitéré sa prévision d'EBITDA (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) ajusté pour 2026, compris entre 105 et 115 millions de dollars, tout en continuant d'évaluer l'impact financier total des perturbations.

Everyman Media Group a plongé de 10 % après avoir révélé que son conseil d'administration discutait d'un éventuel retrait de la cote de l'AIM avec ses actionnaires. Les administrateurs contrôlant 45,6 % de la société soutiennent la proposition, tandis que d'autres investisseurs représentant au moins 11 % des actions y seraient également favorables.

L'exploitant de cinémas haut de gamme a par ailleurs fait état d'une activité solide pour les 21 semaines se terminant le 28 mai, avec une fréquentation en hausse de 23 % à 2,2 millions d'entrées, un chiffre d'affaires en progression de 27 % à 58,5 millions de livres et un EBITDA ajusté en hausse de 45 % à 9,4 millions de livres. Sa part de marché s'est améliorée à 6,7 % contre 5,9 %, tandis que la dette nette moyenne a baissé de 24 % à 17,6 millions de livres.

En Asie ce mardi, l'indice Nikkei 225 à Tokyo a clôturé en hausse de 0,1 %, après que la Banque du Japon a relevé ses taux directeurs de 25 points de base pour les porter à 1,0 %, conformément aux attentes.

Le Shanghai Composite a fini en baisse de 0,1 %, tandis que l'indice Hang Seng à Hong Kong a clôturé en repli de 1,7 %. Le S&P/ASX 200 à Sydney a terminé en légère hausse.

Aux États-Unis lundi, Wall Street a terminé dans le vert, le Dow Jones Industrial Average progressant de 0,9 %, le S&P 500 de 1,7 % et le Nasdaq Composite de 3,1 %.

Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans s'affichait à 4,46 %, contre 4,47 %. Le rendement à 30 ans était stable à 4,96 % par rapport à lundi.

L'or s'échangeait à 4 324,10 dollars l'once tôt mardi, en baisse par rapport aux 4 354,54 dollars de lundi.

De retour au Royaume-Uni, l'attention se portait également sur Thames Water après des informations suggérant que le fournisseur de services publics se rapproche d'une nationalisation temporaire.

La ministre de l'Environnement, Emma Reynolds, aurait écrit au régulateur Ofwat pour l'avertir qu'un projet de plan de sauvetage de 10 milliards de livres proposé par les créanciers pourrait faire peser un « fardeau excessif » sur les clients. Ce plan, mené par un consortium, injecterait 10 milliards de livres dans l'entreprise lourdement endettée en échange d'une exonération des futures amendes liées aux rejets d'eaux usées pendant quatre ans.

Thames Water, qui dessert environ 16 millions de clients et porte une dette de près de 20 milliards de livres, cherche à conclure cet accord pour éviter une intervention du gouvernement après des années de difficultés financières et environnementales.

Le calendrier économique de ce mardi prévoit encore la publication des enquêtes ZEW sur le sentiment économique en zone euro et en Allemagne. Aux États-Unis, les investisseurs surveilleront les permis de construire, les prix à l'exportation et à l'importation, ainsi que l'indice Redbook, alors que débute la réunion du Comité fédéral d'open market (FOMC).

Par Eva Castanedo, journaliste Alliance News

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