Dans ma chronique du jour, j'examine les arguments en faveur d'une baisse des taux américains cette année. Les traders sur taux ont balayé tous les paris d'assouplissement, tout comme la plupart des économistes, mais certains font de la résistance. Voici leur thèse.
Si vous disposez de plus de temps, voici quelques articles que je vous recommande pour décrypter l'actualité des marchés aujourd'hui.
1. Les prix à la consommation aux États-Unis poursuivent leur progression en avril
2. Les espoirs d'un accord de paix avec l'Iran s'amenuisent, Trump déclarant le cessez-le-feu 'sous assistance respiratoire'
3. Les investisseurs souhaitent que Trump et Xi ne s'immiscent pas dans le développement de l'IA
4. Les États-Unis et le Japon s'accordent sur le caractère indésirable d'une volatilité excessive des changes, selon Bessent
5. Les lignes rouges de Warsh inquiètent la finance mondiale : Mike Dolan
Principaux mouvements de marché ce jour
o ACTIONS : Le Japon progresse mais l'Asie hors Japon recule, le KOSPI termine à -2% après une séance en montagnes russes. L'Europe est dans le rouge. S&P 500 -0,2%, Nasdaq -0,7%. Le Dow Jones grignote quelques points.
o SECTEURS/VALEURS : Quatre secteurs du S&P 500 sont en baisse, sept progressent. Technologie -1%, santé +2%. Qualcomm -11,5%. Intel -7%, indice SOX -3%. UnitedHealth +3%.
o CHANGES : Le dollar progresse globalement. La livre sterling perd 0,5%, le won coréen cède 1%.
o OBLIGATIONS : Le rendement du gilt britannique à 30 ans atteint son plus haut niveau depuis 1998. Les rendements américains prennent 5 points de base sur l'ensemble de la courbe ; l'adjudication à 10 ans est médiocre avec un 'tail' important et un ratio de couverture faible.
o MATIÈRES PREMIÈRES/MÉTAUX : Le pétrole grimpe, le WTI prend 4% et repasse au-dessus des 100 dollars le baril.
Les points clés du jour
* 4, et l'inflation sous-jacente ?
L'inflation globale annuelle (CPI) aux États-Unis s'est hissée à 3,8% en avril, un chiffre supérieur aux attentes et au plus haut depuis trois ans. Cela signifie que la croissance des salaires réels est devenue négative pour la première fois depuis 2023. Il semble que le seuil des 4% - soit le double de l'objectif de la Fed - sera bientôt atteint, peut-être dès le mois prochain.
C'est une mauvaise nouvelle pour le président Donald Trump, dont la cote de popularité est déjà au plus bas. Pour les responsables de la Fed, la question cruciale est de savoir si cette hausse se propage à l'inflation sous-jacente (core). Les économistes de la CIBC affirment que le processus a commencé, tandis que Morgan Stanley estime que la transmission reste limitée.
* Keir sous pression
Si le cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran est 'sous assistance respiratoire', il en va de même pour le mandat du Premier ministre britannique Keir Starmer. Après les revers cuisants subis par le Parti travailliste au pouvoir lors des élections locales et régionales la semaine dernière, Starmer ignore les appels à la démission. Mais ces appels, issus de son propre camp, se font de plus en plus pressants.
Craignant qu'un successeur n'augmente l'endettement et les dépenses publiques, les rendements obligataires britanniques à long terme ont bondi à leur plus haut niveau depuis 1998, et la livre sterling affiche la plus forte baisse des grandes devises ce mardi. La pression, tant politique que boursière, s'accentue.
* Quand les puces flanchent
Les valeurs technologiques liées aux semi-conducteurs ont chuté mardi, l'indice Philadelphia Semiconductor perdant jusqu'à 6% avant de réduire ses pertes de moitié à la clôture. Le déclencheur ? Peut-être un simple dégonflement de bulle - l'indice avait bondi de 70% en six semaines - et la séance chaotique du KOSPI sud-coréen mardi.
Parallèlement, le géant de l'IA Anthropic a mis à jour ses règles concernant l'achat et le transfert de ses actions, semant le doute sur les droits de propriété une fois que la société sera cotée. 'Toute vente ou transfert d'actions Anthropic, ou de tout intérêt dans les actions Anthropic, n'ayant pas été approuvé par notre conseil d'administration est nul et ne sera pas reconnu dans nos registres.'
Qu'est-ce qui pourrait faire bouger les marchés demain ?
o Évolution de la situation au Moyen-Orient
o Mouvements sur le marché de l'énergie
o Arrivée du président américain Donald Trump à Pékin pour un sommet avec le président chinois Xi Jinping
o Résultats de Tencent et Alibaba en Chine
o Croissance des salaires en Australie (T1)
o Résultats au Japon, notamment Nissan, Sumitomo Mitsui et Softbank
o Balance commerciale et compte courant au Japon (mars)
o Inflation de gros en Allemagne (avril)
o Interventions prévues de responsables de la Banque centrale européenne, dont la présidente Christine Lagarde, Philip Lane, Claudia Buch et Olli Rehn
o PIB de la zone euro (T1, estimation flash)
o Production industrielle de la zone euro (mars)
o Intervention de Catherine Mann de la Banque d'Angleterre
o Le Trésor américain adjuge 25 milliards de dollars de bons à 30 ans
o Inflation des prix à la production aux États-Unis (avril)
o Interventions prévues de responsables de la Réserve fédérale, dont Susan Collins (Boston), Neel Kashkari (Minneapolis) et Lorie Logan (Dallas)
o Résultats d'entreprises aux États-Unis, dont Cisco
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Les opinions exprimées sont celles de l'auteur. Elles ne reflètent pas les vues de Reuters News qui, en vertu de ses Principes de Confiance, s'engage à l'intégrité, l'indépendance et l'absence de parti pris.

















