Les plans visant à développer ce système de combat aérien du futur avec l'Espagne ne tiennent plus qu'à un fil, sur fond de conflit ouvert relatif au partage des responsabilités entre le français Dassault Aviation et Airbus, qui représente l'Allemagne et l'Espagne dans ce projet évalué à 100 milliards d'euros (117 milliards de dollars).
Les médiateurs avaient tenté de résoudre le différend avant le 18 avril, mais ces efforts semblent avoir échoué, laissant le sort du programme entre les mains du chancelier allemand Friedrich Merz et du président français Emmanuel Macron.
"La décision incombe aux chefs d'Etat", a déclaré le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, face aux journalistes. "Je m'attends à ce qu'une décision soit prise cette semaine sur la marche à suivre."
MM. Merz et Macron doivent se rencontrer cette semaine lors d'un sommet européen à Chypre.
Toutefois, la ministre française de la Défense, Catherine Vautrin, a déclaré lors d'une audition parlementaire que les médiateurs, un pour chaque pays, avaient demandé plus de temps.
"Ils devaient rendre leurs conclusions, pour être précis, le 18 avril. Ils ont sollicité 10 jours supplémentaires", a précisé Mme Vautrin.
Le litige porte sur la direction du segment central de l'avion de chasse, au sein d'un projet visant à construire une flotte interconnectée d'appareils pilotés et de drones armés sous une architecture numérique commune.
Certains observateurs s'attendent à ce que l'Allemagne et la France abandonnent le développement conjoint de l'avion de chasse tout en maintenant leur coopération sur les drones et le "cloud de combat", le socle numérique du système. Un tel recul est toutefois jugé politiquement délicat pour Emmanuel Macron.
Mme Vautrin a identifié trois points de blocage majeurs : la propriété intellectuelle, la répartition des tâches ("workshare") et les préoccupations relatives à la certification de navigabilité.
(1 $ = 0,8525 euro)



















