Ce sont des chiffres d’emploi contrastés que le BLS a enfin publié. En octobre, 105 000 emplois ont été détruits, contre seulement 25 000 anticipés. Sur le mois de novembre, en revanche 64 000 emplois ont été créés, contre 50 000 anticipés.
Les chiffres du mois d’octobre s’expliquent essentiellement par les coupes du DOGE d’Elon Musk, qui a supprimé de nombreux emplois de fonctionnaires en début d’année, comptabilisés en octobre.
Le secteur privé continue lui à créer des emplois : 52 000 en octobre et 69 000 en novembre. La moyenne à 6 mois est néanmoins au plus bas depuis la sortie de la pandémie, à 44 000.
Le taux de chômage poursuit sa remontée à 4.6%, contre 4.5% anticipé, et 4.4% en septembre. Toutes ces données vont plutôt dans le sens d’un marché du travail qui continue de ralentir, sans toutefois partir vraiment à la dérive.
Prudence sur les données
Fait intéressant mis en avant par mon confrère du Wall Street Journal, Nick Timiraos, les dernières projections de la Fed prévoyaient assez peu de dégradation supplémentaire du marché du travail. Si on prend la médiane des membres du FOMC, le taux de chômage est attendu à 4.5% fin 2025, et 4.4% fin 2026. Des projections plutôt dovish, puisque toute remontée supplémentaire du taux de chômage serait une bonne raison de couper les taux davantage.
Lorsqu’on regarde les données avec trois chiffres après la virgule, le taux de chômage est passé de 4.44% en septembre à 4.564% en novembre. Jerome Powell indiquait la semaine dernière en conférence de presse que la politique monétaire était bien positionnée et que le taux de chômage devrait se stabiliser ou "seulement remonter d’un ou deux dixièmes". Nous y sommes presque déjà.
La première réaction des marchés a semblé aller dans ce sens : les mauvaises nouvelles sont des bonnes nouvelles. Les chiffres plus mauvais que les attentes signifient qu’il y aura plus de baisse de taux. Les futures sont passées dans le vert. Mais l’ouverture s’est faite dans le rouge et les indices oscillent depuis autour de l’équilibre.
Globalement les mouvements restent très limités. Les investisseurs ont peut-être davantage en tête un autre commentaire de Jerome Powell, il y a une semaine. Le président de la Fed indiquait que les données retardées n’aideraient pas forcément la Fed à y voir plus clair. En effet, le shutdown a perturbé la collecte des données mais aussi l’économie américaine elle-même, avec la plupart des fonctionnaires au chômage, des dépenses nécessairement reportées…
Le BLS a d’ailleurs indiqué que le taux de réponse de l’enquête auprès des ménages - qui sert à calculer le taux de chômage – était plus faible que d’ordinaire, à 64%.


















