Le titre a perdu 30% depuis janvier et 50% en trois ans. Le marché des spiritueux, aussi haut de gamme soit-il, a traversé des années difficiles. La pandémie a freiné la culture des pubs pour les bières (16% des ventes), l’inflation a pesé sur les produits d’entrées de gamme (37% du portefeuille), les incertitudes économiques en Chine ont poussé la consommation vers moins d'extravagance et les nouvelles pressions tarifaires devraient coûter 200 millions de dollars par an.
Des ventes tirées par les volumes
Malgré ce contexte, Diageo tient le cap et ajuste sa stratégie. Les ventes atteignent 27,96 milliards de dollars, légèrement au-dessus des attentes et en hausse par rapport aux 27,89 milliards de l’an passé. Parmi les signes encourageant, la croissance vient des volumes à hauteur de 0,9%. Pour l’exercice à venir, le groupe vise une croissance organique similaire (+1,7%) et une hausse de 5% du résultat opérationnel.
Le portefeuille diversifié compense certaines contre-performances : Don Julio bondit de 38%, avec une croissance à deux chiffres dans toutes les régions ; Guinness, qui représente 25% des ventes européennes, progresse de 13%. En revanche, la marque phare, le whisky Johnnie Walker recule de 5%.
Un plan d’économies renforcé
Le programme ‘Accelerate’ doit générer 625 millions de dollars d’économies sur trois ans, contre 500 millions initialement prévus. Un plan qui devrait permettre une génération de cash de l’ordre de 3 milliards de dollars annuel. Les flux de trésorerie disponibles atteignent déjà 2,74 milliards, contre 2,33 milliards l’an passé.
Mais le coût des restructurations (225 millions) et surtout d’autres charges exceptionnelles font plonger le bénéfice net de 39%, à 2,54 milliards.
Cap sur 2030
Après la démission de Debra Crew, le directeur financier assure l’intérim de la direction générale jusqu’à fin octobre, en attendant un successeur. L’objectif reste d’atteindre 6% du marché mondial des boissons alcoolisées d’ici 2030, contre 4,7% aujourd’hui.
La reprise du marché reste incertaine, mais les résultats proches du consensus et un titre revenu à ses niveaux de 2016 peuvent redonner de l’intérêt à un titre lentement torturé depuis quelques années. D’autant que la valorisation, elle, n’avait pas été aussi basse depuis encore plus longtemps.



















