Pessimiste sur le luxe, Berenberg abaisse ses cibles sur LVMH, Hermès et Kering
Berenberg a annoncé jeudi avoir nettement revu à la baisse ses objectifs de cours sur les grands fabricants de produits de luxe européens, à commencer par les français LVMH, Hermès et Kering, dont les valorisations sont jugées "à risque".
La banque allemande indique avoir ramené sa cible sur LVMH, le géant du secteur, de 560 à 420 euros tout en maintenant sa recommandation à conserver sur le titre.
Berenberg réduit par ailleurs son objectif sur Hermès de 2 600 à 1 850 euros, mais continue d'acheter le titre. Sa cible sur Kering, toujours conseillé à la vente, passe de 190 à 175 euros.
Fin de l'âge d'or pour le secteur
Dans son étude, l'établissement basé à Hambourg justifie la réduction de ses prévisions par son pessimisme sur les perspectives du secteur, pour lequel il anticipe une révision à la baisse des estimations établies par le marché.
"La capacité du secteur du luxe à renouer avec ses taux de croissance historiques de 6% à 7% par an se trouve aujourd'hui compromise par des vents contraires structurels et durables", prévient l'institution.
Dans une optique de moyen terme, Berenberg explique plutôt tabler sur un taux de croissance annuelle de l'ordre de 3% à 4%, loin des 6% à 7% actuellement envisagés par le consensus, non seulement en raison de la baisse de la demande des consommateurs chinois, mais aussi de la moindre appétence manifestée par les clients "aspirationnels" issus de la classe moyenne et par les jeunes appartenant à la Génération Z.
Un risque de contraction des multiples
D'après ses analystes, cette dynamique défavorable fait peser un risque au niveau des marges bénéficiaires, et donc sur les multiples de valorisation.
"En partant du principe que la relation historique entre valorisation boursière et marges reste valable, un retour aux faibles marges qui prévalaient avant 2017 fait peser le risque d'une contraction des multiples de capitalisation aux niveaux de l'époque", prévient la banque germanique.
Outre LVMH, Hermès et Kering, Berenberg abaisse également de 120 à 95 euros son objectif de cours sur l'italien Brunello Cucinelli (achat). Ses cibles sur Richemont (conserver) et Swatch (vendre) sont en revanche réhaussées, de respectivement 150 à 155 francs suisses et de 115 à 130 francs.
En Bourse, les titres LVMH (+1,4%), Hermès (+0,7%) et Kering (+1%) étaient malgré tout orientés à la hausse, soutenus par des rachats à bon compte après leurs piètres performances depuis le début de l'année, alors que les valeurs technologiques sont délaissées depuis plusieurs séances par les investisseurs.
LVMH Moët Hennessy Louis Vuitton SE est le leader mondial des produits de luxe. Le CA par famille de produits se répartit comme suit :
- articles de mode et de maroquinerie (46,7%) : marques Louis Vuitton, Christian Dior, Celine, Loewe, Kenzo, Givenchy, Fendi, Emilio Pucci, Marc Jacobs, Berluti, Loro Piana, etc. ;
- montres et bijoux (13%) : marques Bulgari, TAG Heuer, Zenith, Hublot, Chaumet, Fred, Tiffany, etc. ;
- parfums et produits cosmétiques (10,1%) : parfums (marques Christian Dior, Guerlain, Loewe, Kenzo, Givenchy, etc.), produits de maquillage (Make Up For Ever, Guerlain, Acqua di Parma, etc.), etc. ;
- vins et spiritueux (6,6%) : champagnes (marques Moët & Chandon, Dom Pérignon, Veuve Clicquot, Krug, Ruinart, Mercier, Château d'Yquem, Domaine du Clos des Lambrays, Château Cheval Blanc, Colgin Cellars, Hennessy, Glenmorangie, Ardbeg, Belvedere, Woodinville, Volcán de mi Tierra, Chandon, Cloudy Bay, Terrazas de los Andes, etc. ; n° 1 mondial), vins (Cape Mentelle, Château D'Yquem, etc.), cognacs (notamment Hennessy ; n° 1 mondial), whisky (notamment Glenmorangie), etc.
Le solde du CA (23,6%) concerne essentiellement une activité de distribution sélective assurée au travers des chaînes Sephora, DFS et des grands magasins Le Bon Marché et La Samaritaine.
A fin 2025, la commercialisation des produits est assurée au travers d'un réseau de 6 283 magasins dans le monde.
La répartition géographique du CA est la suivante : France (8,3%), Europe (18%), Japon (7,9%), Asie (26,5%), Etats-Unis (25,6%) et autres (13,7%).
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Investisseur
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ESG MSCI
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Le score ESG MSCI évalue la performance environnementale, sociale et de gouvernance d’une entreprise selon la méthodologie de MSCI. Il positionne l’entreprise par rapport à ses pairs sectoriels sur une échelle allant de CCC (très faible) à AAA (excellente). Ce score est utilisé par les investisseurs pour intégrer les critères extra-financiers dans leurs décisions.