Au pic de la bulle spéculative, Peloton et d'autres noms en vogue étaient parvenus à placer des obligations convertibles avec un coupon de zéro pour cent et une option de conversion tout à fait absurde - à $239 par titre, alors que celui-ci cote actuellement à moins de huit dollars.
A l’époque, Zonebourse avait alerté à plusieurs reprises contre cette nouvelle aberration financière, dont le profiteur le plus scandaleux aura sans doute été le véhicule spéculatif de Michael Saylor MicroStrategy, rebaptisé Strategy entre-temps. Voir à ce sujet MicroStrategy Incorporated : L'éternel recommencement et MicroStrategy Incorporated : Bon et mauvais côté du trade.
Pour en revenir à Peloton, c'est dire à quel point les investisseurs avaient alors une vision remarquablement optimiste — fantaisiste ? — des perspectives de ce qui reste un spécialiste des vélos d'appartement. L'effet de mode passé, le narratif s'était complètement inversé en l'espace de quelques semaines, laissant les investisseurs crédules le bec dans l'eau.
En pleine restructuration, Peloton a placé une nouvelle convertible l'an dernier, mais cette fois-ci à des termes beaucoup plus rationnels - coupon de 5,5% et option de conversion à 4,6 USD. S'ils l'exerçaient, les nouveaux créanciers du groupe mettraient ainsi la main sur près d'un cinquième du capital du groupe.
Le vent a donc radicalement tourné. Depuis son pic de succès en 2021, épisode au cours duquel Peloton a atteint 4 milliards de chiffre d'affaires, les ventes ont dévissé d'un tiers, tandis que le nombre de titres en circulation augmentait lui aussi d'un tiers.
Publiés la semaine dernière, les derniers résultats trimestriels font état d'une nouvelle reculade des ventes et du nombre d'abonnés - l'un comme l'autre de 6%. Le seul élément à saluer est que la situation financière du groupe semble stabilisée, avec des comptes d'exploitation à l'équilibre et une dette nette ramenée à un niveau gérable.
Ne manque plus qu'un blockbuster commercial pour justifier une capitalisation boursière toujours supérieure au chiffre d'affaires. On n’en voit pour l’instant aucun signe à l’horizon.


















