Nestlé a annoncé jeudi le lancement d'une revue stratégique de sa division vitamines, minéraux et compléments alimentaires (VMS), sous-performante, qui pourrait aboutir à la cession de certaines marques. Cette décision intervient alors que le groupe suisse a dévoilé une progression des volumes de ventes au premier semestre inférieure aux attentes des analystes.

En réaction, le titre Nestlé, premier producteur alimentaire mondial, a chuté à son plus bas niveau depuis six mois lors de l'ouverture des marchés, cédant 4,7 % à 09h50 GMT.

Face au ralentissement économique mondial qui pèse sur le pouvoir d'achat et incite les consommateurs à privilégier des alternatives moins onéreuses, le fabricant suisse des célèbres barres chocolatées KitKat, du café Nespresso et des assaisonnements Maggi peine à écouler ses produits de marque.

Les résultats publiés jeudi accentuent la pression des investisseurs sur le directeur général Laurent Freixe, sommé de redynamiser le cours de Bourse et les ventes du groupe. Depuis sa prise de fonction en août dernier, l'action Nestlé a sous-performé face à ses concurrents, notamment Unilever et Danone.

Le groupe helvétique a toutefois maintenu jeudi ses perspectives pour 2025, anticipant une amélioration de la croissance organique de ses ventes. Il table sur une marge opérationnelle commerciale sous-jacente d'au moins 16 %, malgré l'impact négatif des droits de douane et des taux de change actuels.

Selon Nestlé, les marques VMS concernées par la revue stratégique génèrent environ 1 milliard de francs suisses (1,26 milliard de dollars) de chiffre d'affaires annuel.

La division VMS s'inscrit dans la branche Nutrition et Sciences de la santé de Nestlé, qui a représenté un peu plus de 16 % des ventes du groupe au premier semestre, mais a enregistré un recul de 0,8 % de sa croissance interne réelle, c'est-à-dire des volumes vendus.

« Nous avons lancé une revue stratégique de nos marques généralistes et à valeur ajoutée inférieure, dont Nature's Bounty, Osteo Bi-Flex, Puritan's Pride et les marques de distributeur aux États-Unis, ce qui pourrait conduire à leur cession », a précisé Nestlé.

Laurent Freixe a indiqué que Nestlé entendait désormais se concentrer sur ses marques mondiales premium dans le segment VMS, tandis qu'une éventuelle cession des autres pourrait intervenir en 2026.

« Pour nous, le potentiel le plus élevé se situe dans le segment premium », a-t-il confié à la presse.

Une croissance qui déçoit

Nestlé a fait état d'une croissance organique de ses ventes de 2,9 % sur les six premiers mois de l'année, c'est-à-dire hors effets de change et acquisitions, un chiffre tout juste supérieur à la prévision moyenne des analystes (2,8 %).

Mais la croissance interne réelle (RIG) s'établit à 0,2 %, en deçà du consensus qui tablait sur 0,4 %, ce qui traduit une demande plus molle alors que les consommateurs rechignent face à la hausse des prix.

Le chiffre d'affaires total déclaré a reculé de 1,8 % à 44,2 milliards de francs suisses, contre 44,6 milliards attendus par les analystes. Nestlé explique cette baisse notamment par un effet de change négatif de 4,7 %, la devise helvétique s'étant appréciée cette année.

Les hausses de prix de Nestlé, de 2,7 %, dépassent quant à elles la moyenne des prévisions des analystes (2,5 %).

« Le principal point à retenir sera la RIG négative de -0,3 % au deuxième trimestre, alors que la plupart des investisseurs anticipaient un chiffre positif », ont noté les analystes de Barclays. « C'est un peu décevant. »

Malgré la « mauvaise surprise » dans la division Health Science, les analystes de Vontobel estiment toutefois que les résultats globaux devraient rassurer les investisseurs quant à la capacité de Nestlé à se redresser sur le long terme.

(1 $ = 0,7923 franc suisse)