Paris (awp/afp) - La commission des affaires économiques du Sénat a appelé mercredi l'Autorité de la concurrence à se pencher sur le marché des matériaux de construction, en raison de "récentes hausses" des prix pesant sur "la relance" du secteur du BTP.

La commission des affaires économiques "demande à l'Autorité d'analyser le fonctionnement concurrentiel des marchés amont, notamment les plus concentrés, ainsi que les relations entre les acteurs de la chaîne de valeur, et de formuler, le cas échéant, des recommandations".

Le sénateur du Morbihan Yves Bleunven explique vouloir "objectiver le fonctionnement des marchés et, en l'espèce, trouver des solutions contre une crise du logement qui frappe durement nos concitoyens dans leurs parcours de vie".

Les parlementaires demandent aussi à l'Autorité de la concurrence, chargée de surveiller que l'économie est suffisamment concurrentielle, de se prononcer sur la pertinence de "la création d'un outil de suivi des coûts de production des matériaux de construction".

"En effet, depuis l'abandon du projet annoncé par le gouvernement en 2023, aucun indice spécifique ne permet de pallier le manque de visibilité de la filière face à la volatilité des prix des matériaux de construction", explique la commission dans un communiqué.

Les "récentes hausses du prix des matériaux de construction" s'ajoutent "à plusieurs vagues haussières subies par la filière depuis la fin de la crise sanitaire" et pèsent sur "la capacité des entreprises à contribuer à la relance de la construction".

Fin mars, les fabricants de béton français avaient alerté sur le risque de hausse du coût de la construction en raison de la guerre au Moyen-Orient, notamment à cause de l'envolée des cours de l'énergie.

Plusieurs fédérations avaient alors appelé les autorités à la vigilance sur le prix des matériaux.

La Fédération française des industriels de la préfabrication béton (FIB) avait averti que la "hausse inévitable" des coûts liée à la guerre au Moyen-Orient aura "des répercussions directes sur le coût global des ouvrages". Elle craignait aussi "le report de certains projets (...) dans un contexte déjà incertain pour l'ensemble du secteur".

La Fédération Française du Bâtiment (FFB), qui compte 50'000 adhérents pesant environ 2/3 du chiffre d'affaires du secteur (supérieur à 200 milliards d'euros en 2024), avait déploré que "les artisans et entrepreneurs du bâtiment reçoivent des avertissements de hausse de prix des matériaux", alors que "la situation actuelle n'est pas celle de 2022-2023" et que "le secteur ne connait pas de pénurie".

Elle demandait la mise en place d'un "observatoire public d'établissement du prix des matériaux de bâtiment".

afp/jh