Les marchés européens ont reculé lundi tandis que les rendements obligataires ont diminué, les investisseurs attendant avec nervosité les résultats du géant des semi-conducteurs Nvidia, valorisé à 5 000 milliards de dollars, ainsi que les chiffres de l'emploi aux États-Unis prévus plus tard dans la semaine, susceptibles d'orienter les marchés mondiaux.

L'indice de référence européen regroupant 600 grandes valeurs a cédé 0,4 % après une séance de ventes massives la semaine dernière, provoquée par des inquiétudes sur la surévaluation des valeurs technologiques et la baisse des espoirs de réduction des taux par la Réserve fédérale.

Wall Street s'orientait vers une ouverture légèrement positive, les contrats à terme sur le S&P 500 progressant de 0,2 % et ceux sur le Nasdaq 100 de 0,4 %.

Les anticipations d'une baisse des taux directeurs américains en décembre sont retombées à moins de 50 % après des déclarations prudentes de responsables de la Fed, inquiets de la persistance de l'inflation. Cette incertitude pèse sur les actions, notamment dans le secteur technologique, particulièrement sensible aux taux.

Le rendement de l'emprunt allemand à 10 ans a reculé de 1,5 point de base (pb) à 2,70 %, après avoir grimpé de 3 pb vendredi, atteignant alors son plus haut niveau depuis le 7 octobre, à 2,718 %.

La politique monétaire de la Banque centrale européenne restant inchangée, tous les regards se tournent vers les États-Unis, où le rapport sur l'emploi de septembre, publié jeudi avec retard, devrait confirmer le ralentissement du marché du travail déjà signalé par des enquêtes privées.

« Si ce rapport ne fait que confirmer cette tendance, cela ne changera pas la position des membres les plus restrictifs de la Fed, qui restent inquiets des risques de remontée de l'inflation. Pour eux, les données sur l'indice des prix à la consommation seront déterminantes », a déclaré Khoon Goh, responsable de la recherche Asie chez ANZ.

Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans était stable lundi, à 4,1192 %.

Vendredi, les attentes de baisse des taux se sont atténuées après que Jeffrey Schmid, président de la Fed de Kansas City, et Lorie Logan, présidente de la Fed de Dallas, ont exprimé des doutes sur la nécessité de réduire les taux le mois prochain.

Résultats des géants américains au premier plan

Home Depot, Target, Walmart et Nvidia publieront leurs résultats cette semaine aux États-Unis. Les investisseurs se concentrent particulièrement sur Nvidia, dont la performance est devenue un indicateur clé de la durabilité de la forte progression des valeurs liées à l'intelligence artificielle cette année.

Le titre Nvidia a bondi d'environ 1 000 % depuis le lancement de ChatGPT en novembre 2022, dont une hausse de plus de 40 % depuis le début de l'année, permettant au groupe de dépasser en avril la barre des 5 000 milliards de dollars de capitalisation boursière.

Les actions d'Alphabet, maison mère de Google, ont aussi progressé de 5,6 % avant l'ouverture lundi, après que Berkshire Hathaway a révélé détenir une participation dans le groupe. Le conglomérat, synonyme de l'investisseur légendaire Warren Buffett, a par ailleurs annoncé avoir réduit sa part dans Apple.

Sur le marché des changes, le dollar américain progressait légèrement, maintenant l'euro juste sous 1,16 dollar et se raffermissant face aux autres grandes devises. Le yen a peu réagi à la publication lundi de chiffres montrant que l'économie japonaise s'est contractée de 1,8 % en rythme annualisé au troisième trimestre.

L'or reculait à 4 078 dollars l'once, bien que le métal précieux ait grimpé de 55 % depuis le début de l'année, passant de 2 624 dollars l'once au 1er janvier, porté par la demande de valeurs refuges, les tensions géopolitiques et les anticipations de baisse des taux.

Les contrats à terme sur le Brent se raffermissaient à 64,4 dollars le baril, alors que les chargements ont repris dans un terminal russe précédemment touché par une attaque ukrainienne.

Le bitcoin, qui fait office de baromètre du sentiment sur les valeurs technologiques, accusait la semaine dernière sa plus forte baisse hebdomadaire depuis mars, avec une perte de plus de 10 %. Il s'échangeait en hausse de 2 % lundi, à 95 390 dollars.