Bruxelles (awp/afp) - Malgré une activité économique meilleure qu'attendue cette année, la croissance dans la zone euro devrait ralentir légèrement en 2026, freinée par les tensions commerciales internationales, selon les prévisions publiées lundi par la Commission européenne.

Bruxelles a revu à la baisse sa prévision de croissance dans la zone euro l'an prochain, à 1,2% contre 1,4% dans ses précédentes prévisions publiées au printemps, en raison d'un environnement international compliqué.

"Les incertitudes persistantes concernant la politique commerciale continuent de peser sur l'activité économique, et les droits de douane et les autres restrictions pourraient freiner la croissance dans l'UE plus que prévu", souligne l'exécutif européen.

La croissance de la zone euro devrait ainsi ralentir légèrement par rapport à 2025, pour laquelle Bruxelles table désormais sur 1,3%. Un chiffre revu nettement à la hausse (la Commission tablait sur 0,9% en juin, ndlr), grâce aux chiffres meilleurs qu'attendu enregistrés depuis le début de l'année.

"L'économie de l'UE a dépassé les attentes sur les neufs premiers mois de l'année", et "nous pensons qu'elle va continuer à croître à un rythme modéré", a souligné lors d'une conférence de presse le commissaire européen à l'Économie, Valdis Dombrovskis.

Mais "au vu de l'environnement externe hostile, nous devons nous tourner vers nos moteurs internes pour nourrir la croissance", a-t-il prévenu.

En effet, "les barrières commerciales ont atteint des sommets historiques, et nous prévoyons que les décisions prises par les États-Unis, et celles prises en retour par la Chine et d'autres acteurs clés, vont affaiblir le commerce international", a-t-il commenté.

"Redoubler d'efforts"

Depuis son retour au pouvoir en janvier, le président américain Donald Trump a lancé une offensive protectionniste, via de fortes hausses de droits de douanes, pour réduire le déficit commercial des États-Unis.

Cet été, Bruxelles a conclu un accord avec Washington qui a permis de ramener à 15% les taxes américaines sur les produits européens importés aux États-Unis.

Face à ce contexte, "l'Europe doit se reposer sur ses propres forces et les développer", et ce "en redoublant d'efforts pour améliorer notre compétitivité et libérer notre potentiel de croissance", a lancé M. Dombrovskis, appelant à accélérer les réformes.

"Nous devons agir, et agir maintenant", a-t-il exhorté.

Depuis le début l'an dernier du deuxième mandat de sa présidente Ursula von der Leyen, la Commission européenne a lancé une série de réformes, principalement via des mesures de simplification de la réglementation, pour renforcer la compétitivité des entreprises et favoriser la croissance.

Mais l'exécutif européen reconnait lui-même qu'il doit accélérer le mouvement, face au risque de décrochage économique du Vieux continent par rapport aux États-Unis et à la Chine, qui avait notamment été pointé l'an dernier par l'économiste Mario Draghi dans un rapport choc.

Dans ses nouvelles prévisions, Bruxelles prévoit par ailleurs une poursuite de la diminution du taux de chômage dans la zone euro, à 6,2% en 2026 et 6,1% en 2027, contre 6,3% cette année.

Enfin, la Commission a légèrement relevé sa prévision d'inflation pour l'année prochaine, à 1,9% contre 1,7% précédemment. Elle resterait ainsi proche des 2%, le niveau auquel la BCE cherche à la contenir, après 2,1% cette année.

afp/al