L'indice mondial des actions de MSCI progressait légèrement vendredi tandis que les rendements des bons du Trésor américain reculaient et que le yen se renforçait face au dollar, les investisseurs pariant sur une intervention imminente des autorités japonaises pour soutenir la monnaie.

Le yen est soudainement passé d'une perte à un gain face au dollar, laissant penser aux opérateurs que le Japon aurait procédé à des vérifications de taux auprès des banques - souvent le signe d'une volonté d'intervenir sur le marché.

Plus tôt dans la journée, la Banque du Japon a affiché sa volonté de poursuivre la hausse progressive de ses taux, encore faibles, dans un contexte politique tendu à l'approche d'élections anticipées le mois prochain. 

Après deux jours de progression, les actions à Wall Street marquaient le pas, préfigurant une fin de semaine en demi-teinte, marquée par une séance de ventes massives puis un rebond de soulagement lié au retrait par le président américain Donald Trump de ses menaces de tarifs douaniers et son renoncement à s'emparer du Groenland par la force. 

Alors qu'une semaine chargée s'annonce, avec une réunion de la Réserve fédérale, des publications économiques clés et des résultats d'entreprises, Gene Goldman, directeur des investissements chez Cetera Investment Management à El Segundo, Californie, estime que les investisseurs marquent une pause et adoptent une "attitude attentiste".

"Il n'y a pas vraiment de catalyseur aujourd'hui et les marchés ont profité ces derniers jours de l'apaisement des risques géopolitiques", explique-t-il. "Les actions soufflent en prévision d'une semaine qui s'annonce majeure."

Les contrats à terme sur les taux de la Fed intègrent une probabilité implicite de 97% que la Réserve fédérale américaine maintienne ses taux inchangés la semaine prochaine, selon l'outil FedWatch du CME Group.

Pénalises par des prévisions décevantes, le titre Intel reculait après la publication de ses résultats trimestriels jeudi soir, tandis que les investisseurs attendaient les chiffres de Microsoft, Meta Platforms et du géant industriel Caterpillar, entre autres, dans les jours à venir.  

Si les actions mondiales ont effacé une grande partie des pertes subies lors de la séance de mardi, les investisseurs restent dans l'attente de détails sur l'accord en cours de négociation entre les États-Unis et les dirigeants européens concernant le Groenland. En conséquence, certains grands investisseurs d'Europe du Nord se montrent de plus en plus prudents quant aux risques liés aux actifs américains.

Les marchés surveillent également tout signe de progrès dans les discussions trilatérales menées par Washington sur l'Ukraine, le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy ayant indiqué vendredi que la question cruciale du territoire dans la guerre opposant l'Ukraine à la Russie serait abordée à Abou Dhabi vendredi et samedi.

À Wall Street, à 11h33 (16h33 GMT), le Dow Jones Industrial Average reculait de 286,46 points, soit 0,57%, à 49 100,07 points, le S&P 500 gagnait 5,37 points, soit 0,08%, à 6 918,72 points et le Nasdaq Composite progressait de 99,59 points, soit 0,43%, à 23 535,61 points.

L'indice MSCI des actions mondiales < .MIWD00000PUS> progressait de 1,93 point, soit 0,19%, à 1 037,96.

L'indice paneuropéen STOXX 600 cédait 0,21%.

Sur le marché des devises, le yen était volatil avec une brusque flambée plus tôt sur fond de spéculations d'intervention possible, tandis que le dollar reculait et s'acheminait vers sa plus forte baisse hebdomadaire depuis juin.

L'indice dollar < =USD>, qui mesure la devise américaine face à un panier de monnaies dont le yen et l'euro, reculait de 0,25% à 98,06.

L'euro progressait de 0,1% à 1,1766$, le dollar perdait 0,47% face au yen japonais à 157,65. La livre sterling s'appréciait de 0,59% à 1,3577$.

La ministre japonaise des Finances, Satsuki Katayama, a déclaré vendredi suivre de près les marchés des changes, tout en refusant de commenter les spéculations. 

Sur le marché obligataire, le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans reculait de 0,6 point de base à 4,245%, contre 4,251% jeudi soir, tandis que celui des obligations à 30 ans baissait de 0,6 point de base à 4,8427%.

Le rendement du bon à 2 ans, généralement sensible aux anticipations de taux de la Fed, baissait de 1,2 point de base à 3,603%, contre 3,614% jeudi soir.

Sur les marchés énergétiques, les prix du pétrole repartaient à la hausse après que Donald Trump a renouvelé ses menaces contre l'Iran, faisant craindre une action militaire susceptible de perturber l'offre de brut, alors que des pannes sont signalées au Kazakhstan. 

Le brut américain gagnait 2,81% à 61,03$ le baril et le Brent progressait à 65,82$ le baril, soit une hausse de 2,75% sur la journée. 

Sur les marchés des métaux précieux, l'argent et l'or ont battu de nouveaux records, le prix de l'argent franchissant pour la première fois les 100$ l'once et l'or atteignant un nouveau sommet, en route vers 5 000$/oz, alors que les investisseurs continuent de se ruer vers les actifs refuges sur fond de tensions géopolitiques.

L'or au comptant progressait de 0,94% à 4 983,11$ l'once. Les contrats à terme sur l'or américain prenaient 0,55% à 4 936,00$ l'once.

Sur les autres métaux, le cuivre progressait de 3,08% à 13 148,50$ la tonne. L'aluminium trois mois au London Metal Exchange gagnait 1,1% à 3 167,50$ la tonne.