La semaine a été marquée par une volée de bois vert pour le secteur des transporteurs routiers, dont les volumes et les tarifs journaliers sont bien sûr indexés aux flux et aux volumes de marchandises qui vont des grands ports d'entrée vers leurs lieux de commercialisation.

Ainsi, UPS, déjà en difficulté - voir Tempête parfaite chez UPS, dont le titre offre désormais 6.9% de rendement sur dividende - revient sur ses planchers de 2020. Même Old Dominion, traditionnellement intouchable - voir Old Dominion reste la Rolls américaine du transport routier - en a pris pour son grade.

Si quelqu'un doutait que les droits de douane soient avant tout une taxe supplémentaire imposée à l'importateur, les résultats de Stanley Black & Decker publiés avant-hier et la chute consécutive du cours du titre devraient lui mettre les idées au clair.

La valorisation du leader mondial des équipements de bricolage évoluait déjà sur ses plus bas - voir à ce sujet Véritable aristocrate du dividende, Stanley Black & Decker entend sortir de l'ornière

En dépit d'une performance croissante satisfaisante sur la dernière décennie, ses marges ont en effet connu une érosion continue, faute de pricing power face à une concurrence pléthorique et moins chère.

Dans ce contexte, la pénalité supplémentaire des droits de douane est durement ressentie par le groupe basé dans le Connecticut. Un tiers de sa chaîne d’apprivoisement dépend de la Chine et du Mexique, et un autre bon quart d'autres pays hors des États-Unis.

Sur six mois, ses ventes baissent encore de 2,6% et sa marge brute diminue encore d'un cran. Le management prédit que l'impact des droits de douane se chiffrera à 800 millions de dollars par an si le nouveau cadre réglementaire perdure.

Pour 2025, la perte nette du bénéfice par action atteindra 0,65 au moins, c'est-à-dire un cinquième du profit par action sur les douze derniers mois glissants.

Le groupe, qui reste contraint d'adopter une politique de désendettement rapide, doit par ailleurs emprunter pour affronter son échéance de dette immédiate. Il est donc à souhaiter absolument que sa génération de cash revienne vite sur les standards pré-pandémie, faute de quoi les investisseurs pourraient rapidement perdre confiance.

Or les résultats sur six mois - une fenêtre certes trop courte pour être extrapolée - n'indiquent pas encore d'orientation de ce type.

Aux prises avec cette conjoncture, il serait révélateur que cet aristocrate du dividende qui a augmenté sa distribution sur 57 années d'affilée soit contraint de la couper ou de la réduire. Un brin ironique aussi, puisque Stanley Black & Decker était l'un des sponsors de l'événement d'inauguration du président Trump.