Les constructeurs automobiles chinois ont vu leur part de marché sur le segment des véhicules de tourisme en Afrique du Sud bondir à 16,8% en 2025, contre 11,2% un an plus tôt, selon les données sectorielles publiées vendredi. Cette progression s'explique par une offre de SUV technologiquement avancés, assortie de prix compétitifs et de garanties prolongées qui redéfinissent la concurrence.

Le marché intérieur des véhicules neufs est entré dans une phase de recalibrage marquée par des pressions sur le pouvoir d'achat, une mutation des attentes des consommateurs et une intensification de la concurrence mondiale, a déclaré l'organisme professionnel naamsa dans son rapport annuel vendredi.

Le changement le plus spectaculaire en 2025 réside dans l'ascension fulgurante des marques chinoises importées sur le marché sud-africain des véhicules légers. En proposant des technologies modernes et des tarifs agressifs, ces marques ont réussi à s'imposer auprès du grand public, ajoute le rapport.

'Il ne s'agit pas d'une poussée éphémère, mais d'une réinitialisation structurelle. Alors que le marché a été façonné pendant des décennies par le prestige des logos, il est désormais redéfini par des choix de consommation dictés par les prix et des budgets domestiques plus serrés, avec une faible affinité pour les marques traditionnelles', a précisé naamsa.

On dénombrait 15 marques chinoises sur le marché du neuf en Afrique du Sud en 2025 - incluant des leaders tels que BYD, Chery et GWM - contre huit en 2024, d'autres arrivées étant attendues pour 2026.

Malgré la pression de ces nouveaux entrants, la fidélité aux marques historiques a résisté dans certains segments. Toyota a conservé sa position de leader global avec une part de marché de 24,8%, suivi par Suzuki Auto et Volkswagen.

CHUTE DES EXPORTATIONS VERS LES ETATS-UNIS

Si les exportations automobiles demeurent un pilier de l'industrie, les expéditions vers les Etats-Unis ont chuté de 26% pour s'établir à 20,4 milliards de rands (1,23 milliard de dollars) en 2025. Ce repli a contribué à une baisse globale de 26,1% des livraisons vers la zone ALENA (Etats-Unis, Mexique, Canada), indique le rapport.

Ce déclin reflète l'imposition l'an dernier de droits de douane américains élevés sur les véhicules et les composants, ainsi que la décision d'un constructeur majeur de ne plus exporter vers les Etats-Unis son nouveau modèle lancé fin 2024, a souligné naamsa.

Les volumes exportés vers la zone ALENA sont tombés à 10 042 unités en 2025, contre 26 063 unités en 2024.

Mercedes-Benz est le seul constructeur local fortement dépendant du marché américain, et les perspectives y restent incertaines, de nouveaux reculs étant anticipés pour 2026 sous le poids persistant des tarifs douaniers.

L'Inde demeure la principale source d'importation en volume, représentant 56,2% du total des véhicules légers importés, tandis que la Chine a porté sa part à 23,3%. (1 $ = 16,6012 rands) (Reportage de Nqobile Dludla ; Rédaction par Joe Bavier)