Washington (awp/afp) - Les Bourses mondiales ont terminé en ordre dispersé mercredi après la publication de chiffres américains décevants sur l'emploi dans le secteur privé, qui laissent néanmoins présager une nouvelle baisse des taux de la Réserve fédérale (Fed).

En Europe, la Bourse de Paris a terminé en légère hausse de 0,16%, quand le reste des principales places européennes a conclu autour de l'équilibre. Francfort a ainsi cédé 0,07%, Londres 0,10% quand Milan a grappillé 0,06%. A Zurich, le SMI a perdu 0,25%.

A Wall Street, le Dow Jones a avancé de 0,86%, l'indice Nasdaq a pris 0,17% et l'indice élargi S&P 500 a progressé de 0,30%.

La Bourse américaine "se montre de nouveau optimiste concernant la perspective d'une baisse des taux de la Fed avant la fin de l'année", remarque auprès de l'AFP Sam Stovall, de CFRA.

Selon le rapport d'ADP/Stanford Lab publié mercredi, le secteur privé a détruit 32.000 emplois en novembre aux Etats-Unis, là où les analystes s'attendaient à la création de 10.000 emplois, selon le consensus compilé par Bloomberg.

Les données ADP, que certains analystes jugent insuffisamment fiables, sont toutefois regardées de près pour jauger de l'état de la première économie mondiale car la longue paralysie budgétaire aux Etats-Unis (du 1er octobre au 12 novembre) a abouti à des données officielles sur l'emploi en pointillés.

La faiblesse de ce rapport conforte les marchés dans l'idée que la banque centrale américaine abaissera ses taux pour la troisième fois consécutive, à l'issue de sa réunion des 9 et 10 décembre.

Une politique d'assouplissement monétaire est de nature à aider la croissance, et donc à augmenter les perspectives de bénéfices des entreprises, d'où l'enthousiasme de la place new-yorkaise.

"Ce que les marchés redoutent le plus, c'est une récession", et si la Fed continue de baisser ses taux, "cela contribuera grandement à éviter ce risque potentiel", note M. Stovall.

Les chiffres de l'inflation pour le mois de septembre aux Etats-Unis seront scrutés vendredi par les investisseurs.

La livre brille, le dollar souffre

Le dollar pâtissait des chiffres de l'emploi américain tandis que la livre profitait d'une activité dans les services au Royaume-Uni plus forte que prévu en novembre.

Sur les marchés des changes, le billet vert perdait 0,34% à 1,1665 dollar pour un euro vers 21H20 GMT.

En parallèle, la devise britannique s'envolait de 1,03% par rapport au billet vert, à 1,3349 dollar pour une livre.

L'activité dans le secteur des services a accéléré en novembre au Royaume-Uni, selon l'indice PMI publié mercredi par S&P Global, qui s'est porté à 51,3, au-dessus du chiffre de 50,5 escompté par les analystes recensés par Bloomberg.

Cela "suggère que le sentiment dans le secteur des services n'est pas aussi mauvais que redouté, bien que l'activité reste à un niveau morose", souligne Kathleen Brooks, de XTB.

Le pétrole progresse

Les prix du pétrole ont progressé, poussés par les doutes sur une résolution rapide de la guerre en Ukraine, alors que les pourparlers russo-américains n'ont débouché sur aucune percée.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en février, a avancé de 0,35% à 62,67 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en janvier, s'est octroyé 0,53% à 58,95 dollars.

L'émissaire américain Steve Witkoff s'est entretenu pendant près de cinq heures au Kremlin mardi avec Vladimir Poutine à propos d'un plan présenté par Washington il y a deux semaines et depuis retravaillé lors de consultations avec les Ukrainiens pour mettre fin à la guerre en Ukraine.

Mais "de nombreux opérateurs pensent que Poutine n'est pas intéressé par un accord de paix", commente auprès de l'AFP Robert Yawger, de Mizuho USA, d'où la hausse de prix de l'or noir.

Hugo Boss perd le fil

Le groupe de prêt-à-porter Hugo Boss a annoncé mardi prévoir une chute de son chiffre d'affaires en 2026: "2026 sera une année d'ajustement, marquée par la rationalisation des processus, la révision de la gamme de produits et l'optimisation du réseau de distribution".

Il a terminé sur une chute de 9,86% à la Bourse de Francfort.

afp/rp