Washington (awp/afp) - Les Bourses mondiales ont navigué à vue vendredi, digérant une semaine riche en actualités géopolitiques, tandis que l'or s'approchait du seuil symbolique des 5.000 dollars l'once, porté par les incertitudes.
En Europe, Paris (-0,07%) et Londres (-0,07%) ont terminé à l'équilibre. Milan a cédé 0,58%. Francfort a grappillé 0,18%. A Zurich, le SMI a perdu 0,61%.
A New York, le Dow Jones a reculé de 0,58%, l'indice Nasdaq a gagné 0,28% et l'indice élargi S&P 500 a terminé proche de l'équilibre (+0,03%).
"Il y a aujourd'hui un peu de prise de bénéfices après une semaine très mouvementée sur le plan géopolitique", commente auprès de l'AFP Peter Cardillo, de Spartan Capital Securities.
Les investisseurs temporisent après la nette hausse de la veille, provoquée par la volte-face mercredi au forum économique de Davos de Donald Trump, qui a indiqué "le cadre d'un futur accord" sur le Groenland et levé ses menaces douanières et militaires.
Une source au fait des discussions a indiqué à l'AFP que Washington et Copenhague allaient notamment renégocier leur accord de défense sur le territoire autonome danois datant de 1951.
Mais il y a "encore beaucoup de travail à faire", a confié à l'AFP Mark Rutte, secrétaire général de l'Otan.
"Certes, les menaces de droits de douane qui avaient pesé sur le marché en début de semaine sont pour l'instant écartées, mais le dossier du Groenland est loin d'être clos", note Christine Romar, chez CMC Markets.
L'or s'approche des 5.000 dollars l'once, l'argent à 100 dollars
L'or tutoyait les 5.000 dollars vendredi, porté par le contexte international tendu.
Vers 21H30 GMT, le métal jaune s'échangeait à 4.981,26 dollars l'once (31,1 g).
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, et les nombreux fronts ouverts par le républicain, les cours des métaux précieux se sont envolés, de plus de 80% pour l'or.
L'argent a de son côté dépassé pour la première fois le seuil des 100 dollars l'once (31,1 g) vendredi, également porté par son statut de valeur refuge.
Le dollar continuait de s'enfoncer, lâchant 0,65% face à l'euro, à 1,1832 dollar, un plus bas depuis septembre.
Nvidia monte, Intel décroche
Le géant des puces électroniques Nvidia a terminé en hausse ((+1,54% à 187,68 dollars) à New York.
Selon plusieurs médias américains, Pékin aurait conseillé à des entreprises technologiques chinoises de préparer leurs commandes de puces H200 de Nvidia, après des mois de blocage.
"Si cette approbation se confirme, elle pourrait débloquer des dizaines de milliards de dollars de revenus additionnels pour Nvidia", anticipe Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.
En revanche, le géant des puces Intel a décroché de 17,00% à 45,08 dollars, après des prévisions jugées décevantes pour son chiffre d'affaires du 1er trimestre estimé entre 11,7 et 12,7 milliards de dollars, ce qui constituerait, au mieux, une stagnation, au pire une contraction de 8%.
Puma et Adidas chutent à Francfort
L'équipementier Puma (-14,11%) a dégringolé à Francfort après des informations de presse selon lesquelles les discussions auraient pris fin entre la famille Pinault, qui détient 29% de Puma, et le groupe chinois Anta Sports.
Adidas (-5,70%) a chuté à son plus bas niveau depuis près de trois ans, après une note de la banque RBC qui a abaissé sa recommandation sur le titre et mis en garde les investisseurs contre une possible déception lorsque le groupe présentera, début mars, ses résultats annuels 2025 et communiquera ses objectifs pour la nouvelle année.
Hausse du pétrole
Les cours du pétrole ont pris de la vitesse vendredi, Donald Trump ayant affirmé la veille qu'une "armada" navale américaine était en route pour le Golfe.
Ces nouvelles déclarations ont "ravivé les inquiétudes concernant les risques liés à l'approvisionnement chez un important producteur", de brut résume Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.
"On parle d'une production d'environ 3,3 millions de barils par jour" depuis l'Iran, abonde auprès de l'AFP Robert Yawger, de Mizuho USA.
Téhéran est l'un des dix premiers producteurs mondiaux de brut, d'où la crispation des opérateurs.
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