Washington (awp/afp) - Les Bourses mondiales ont profité d'un élan d'achats pour les secteurs historiques jeudi, en plein recul des cours de l'or noir, tandis que le géant technologique Broadcom a quelque peu gâché la fête à New York.
"Le thème central aujourd'hui est celui de la diversification et de la rotation" des actifs, commente auprès de l'AFP Angelo Kourkafas, du cabinet Edward Jones.
"Après deux mois durant lesquels quelques titres ont tiré les indices à la hausse", l'analyste observe la dynamique des valeurs industrielles et des "petites capitalisations".
Aux Etats-Unis, le Dow Jones, le plus ancien des indices de référence de la place américaine, a été le grand gagnant, s'octroyant 1,73% et un nouveau record en clôture.
Il rassemble principalement des industriels et des business classiques comme la chaîne de grande distribution Walmart ou l'assureur-santé UnitedHealth.
L'indice Russell 2000, qui regroupe des entreprises de taille moyenne, a lui gagné 1,45%.
En revanche, le S&P 500 a lui avancé plus modestement (+0,41%), tandis que le Nasdaq, plus tourné vers la tech, a reculé de 0,09%.
La publication des résultats du fabricant de semi-conducteurs Broadcom, en fin de journée mercredi, "est venue tempérer l'engouement pour le secteur des semi-conducteurs", relève Jose Torres, d'Interactive Brokers.
Les investisseurs ne se sont pas satisfaits du bond de 48% du chiffre d'affaires du groupe de Palo Alto (Californie) sur un an.
Le titre a chuté de 12,59% à 418,91 dollars, soit plus de 280 milliards de dollars de capitalisation boursière envolés.
"Cela montre à quel point les marchés intègrent des croissances gigantesques", explique à l'AFP Alexandre Baradez, responsable de l'analyse de marché pour IG France. "Le marché ne tolère pas le moindre grain de sable".
Cela n'a pas non plus provoqué de vague de pessimisme généralisée pour l'ensemble du secteur technologique.
Parmi les plus importantes capitalisations boursières du marché américain, Nvidia, Microsoft, Alphabet et Apple ont terminé dans le vert.
En Europe, le violent mouvement de vente des titres de Broadcom a aussi été ressenti. Le franco-italien STMicroelectronics à Paris a perdu 2,58% à 66,72 euros et Infineon à Francfort a cédé 3,35% à 85,05 euros.
En revanche, les fabricants traditionnels de logiciels ont été recherchés (SAP +5,49% à 164,50 euros à Francfort, Dassault Systèmes +5,94% à 20,16 euros à Paris).
A Paris, la rotation des valeurs a également souri à CapGemini (+5,94%), en tête avec Dassault Systèmes du palmarès des meilleures performances du CAC 40 (+1,15% au total).
A Francfort, le DAX a progressé de 0,60%, Milan a de son côté pris 0,27% tout comme que Londres (+0,27%). A Zurich, le SMI a terminé sur un gain de 0,93%.
Recul du brut même sans déblocage d'Ormuz
Le brut a reculé malgré l'absence d'espoir d'une réouverture prochaine du détroit d'Ormuz, qui bloque 20% de la consommation mondiale, ce qui provoque un "choc d'offre" inflationniste.
La perspective d'une trêve entre le Liban et Israël - annoncée mercredi - laisse "espérer une solution au conflit iranien", souligne Kathleen Brooks, de XTB.
Le baril de Brent a perdu 2,84% à 95,03 dollars. Son équivalent américain, le WTI, a cédé 3,10% à 93,04 dollars.
"L'interprétation positive des marchés est claire: un protocole d'accord (sur l'Iran, ndlr) devrait permettre aux flux traversant le détroit d'Ormuz de se stabiliser rapidement, voire de revenir à la normale très bientôt", relève Kristian Kerr, directeur de la stratégie macroéconomique chez LPL Financial.
Cela a quelque peu amélioré le coût de la dette des Etats.
Sur le marché obligataire, le rendement à dix ans des emprunts de l'Etat américain évoluait à 4,47% vers 20H45 GMT, contre 4,50% à la clôture la veille.
En Europe, le "Bund" allemand à dix ans affichait un rendement de 3,02% contre 3,03% la veille. Son équivalent français affichait 3,67% comme mercredi.
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