Washington (awp/afp) - Les marchés boursiers mondiaux ont évolué dans des directions opposées lundi, Wall Street marquant le pas avant d'accueillir les chiffres de l'emploi américain de novembre tandis que les places européennes attendent avec optimisme la réunion de la Banque centrale européenne (BCE).
A la Bourse de New York, après une ouverture en hausse, le Dow Jones a cédé 0,09%, l'indice à coloration technologique Nasdaq a reculé de 0,59% et l'indice élargi S&P 500 a perdu 0,16%.
"Les actions à forte capitalisation n'ont pas vraiment réussi à soutenir le marché, qui a de nouveau connu une certaine tendance à la vente, rien de majeur, mais suffisamment pour freiner les indices", a commenté auprès de l'AFP Patrick O'Hare, de Briefing.com.
Signe que les inquiétudes persistent concernant les valorisations de certaines entreprises liées à l'intelligence artificielle (IA) et leurs capacités à rentabiliser leurs investissements massifs, le spécialiste des puces Broadcom et le géant de l'informatique à distance (cloud) Oracle ont reculé pour la troisième séance consécutive.
Depuis jeudi, leur action a chuté de plus de 17%.
Les investisseurs attendent désormais d'en savoir plus sur le plan de l'emploi, les données de novembre devant être publiées mardi, en retard à cause de la paralysie budgétaire qui a touché les Etats-Unis à l'automne.
"La Réserve fédérale (Fed) continue d'affirmer clairement qu'elle se concentre davantage sur l'aspect emploi de son mandat", qui lui impose aussi de veiller à garder l'inflation contenue, a relevé Patrick O'Hare.
Les marchés pourraient donc affiner leurs hypothèses sur le futur de la politique monétaire de l'institution.
Les chiffres de l'inflation (CPI) sont quant à eux attendus jeudi. Un indice des prix trop élevé rendrait plus difficiles des baisses de taux, car elles peuvent elles-mêmes avoir des effets inflationnistes.
Sur le marché des changes, vers 21H45 GMT, le dollar glissait de 0,09% face à la monnaie unique, à 1,1751 dollar pour un euro.
"Cette semaine sera sans répit, avec un programme particulièrement chargé" également du côté des banques centrales, selon Véronique Riches-Flores, économiste de RichesFlores Research.
La Banque centrale européenne (BCE), la Banque d'Angleterre (BoE) et la Banque du Japon (BoJ) doivent toutes trois se réunir pour décider de leur politique monétaire.
La BCE devrait maintenir ses taux d'intérêt inchangés jeudi, l'inflation apparaissant maîtrisée et l'économie résiliente dans la zone euro, tandis que de nouvelles projections économiques alimenteront la discussion sur la trajectoire monétaire future.
Côté BoJ, le marché estime que la banque centrale japonaise devrait rehausser son taux directeur d'un quart de point de pourcentage à l'issue de sa réunion de deux jours qui doit débuter jeudi.
Le yen profitait de ces anticipations, la monnaie nippone prenant 0,37% par rapport au billet vert, à 155,24 yens pour un dollar.
Les actifs chiliens sous les projecteurs
Les électeurs chiliens ont élu dimanche à la tête du pays le leader d'extrême droite José Antonio Kast, qui sera le président le plus à droite du Chili depuis la fin de la dictature d'Augusto Pinochet en 1990.
"La victoire de Kast a déjà eu un effet positif sur la valorisation des actifs chiliens, le peso chilien et l'indice boursier IPSA figurant parmi les actifs les plus performants des marchés émergents ce trimestre", a noté Thierry Larose, gérant de portefeuille chez Vontobel.
"Le Chili bénéficie actuellement de conditions d'échange très favorables, soutenues par une forte demande mondiale de cuivre et des prix du pétrole relativement bas, offrant un soutien significatif à l'économie", a-t-il rappelé.
L'IPSA, l'indice de référence de la Bourse de Santiago, a perdu 0,94% lundi mais s'affiche en forte hausse de plus de 50% depuis le début de l'année.
Le pétrole WTI au plus bas depuis 2021
Les cours du pétrole ont continué de s'enfoncer lundi, minés par les pourparlers sur l'Ukraine et les perspectives de trop-plein.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord a perdu 0,92% à 60,56 dollars, au plus bas depuis mai.
Son équivalent nord-américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI) a lui reculé de 1,08% à 56,82 dollars, atteignant un niveau plus vu depuis février 2021.
Le bitcoin perdait lui 2,67% à 86.107,00 dollars.
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